Guerre en Ukraine : la diplomatie de Trump privilégie-t-elle encore Moscou ?

En pleine visite au Royaume-Uni, Donald Trump continue de vouloir régler la guerre en Ukraine. À Londres, le président états-unien doit discuter jeudi avec le premier ministre, Keir Starmer, des divergences sur le dossier du soutien à Kiev.

Le dirigeant travailliste fait partie des membres fondateurs, avec la France, de la coalition des volontaires, réunissant une trentaine de pays membres, alliés de l’ancienne république soviétique.

« Trump n’a aucun intérêt pour l’Ukraine. Il s’agit d’une épine dans le pied et il estime que c’est l’affaire des Européens. Le président américain veut se consacrer essentiellement à la Chine, ce qui arrange le président russe. Poutine va essayer de rester globalement dans l’orientation fixée par la Maison-Blanche, au détriment des Vingt-Sept », analyse l’ancien ambassadeur de France en Russie et au Sénégal, Jean de Gliniasty.

Des sanctions encore éloignées

À quelques jours de l’Assemblée générale des Nations unies, qui fêtera ses 80 ans, la venue des principaux chefs d’État et de gouvernement devrait aboutir à une nouvelle rencontre entre le président des États-Unis et de l’Ukraine.

Quelle ligne politique va tenir le milliardaire conservateur ? Donald Trump a affirmé ce mardi que Volodymyr Zelensky « devra se mettre au travail et conclure un accord », avant d’annoncer dans un sourire : « Il semble que je vais devoir m’asseoir dans une pièce avec eux (Poutine et Zelensky – NDLR), car ils ne peuvent pas s’asseoir ensemble dans une pièce. »

De son côté, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine a évoqué divers points de blocage dans les négociations avec les États-Unis, dont la reprise des vols civils directs et la restitution mutuelle des propriétés diplomatiques.

Lors d’un échange téléphonique avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le dirigeant ultranationaliste a exigé en échange d’un soutien aux mesures punitives à l’égard de Moscou que l’Europe « devra (it) cesser d’acheter du pétrole à la Russie ».

« Donald Trump veut montrer que les Européens sans les États-Unis ne peuvent rien faire »

Bruxelles a déjà interdit la plupart des importations de pétrole russe, réduisant la part du pétrole qu’elle importe de Russie de 29 % au début de 2021 à 2 % à la mi-2025. Donald Trump a également réclamé que les Vingt-Sept imposent des droits de douane secondaires aux acheteurs d’hydrocarbures russes, notamment la Chine, l’Inde et la Turquie.

Aussitôt, la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a prévenu l’Inde que ce type d’importations et sa participation à un exercice militaire organisé par Moscou (Zapad 2025) pourraient nuire au renforcement de ses liens avec l’Europe, qui prévoit de signer un accord de libre-échange avec Delhi.

Pour Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe, « Donald Trump veut ainsi montrer que les Européens sans les États-Unis ne peuvent rien faire. Et que ce conflit est une guerre de Joe Biden et de Volodymyr Zelensky sans parler de Vladimir Poutine ».

La Commission devrait présenter prochainement son 19e train de sanctions visant les efforts de guerre de la Russie, qui cibleront les cryptomonnaies, les banques et l’énergie. Aucun n’a encore été émis contre Israël. La presse russe cible d’ailleurs désormais « l’Occident collectif » comme principal adversaire, en indiquant clairement que l’Europe était devenue la menace prioritaire au détriment des États-Unis.

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