Guerre en Ukraine : la Commission européenne valide de nouvelles sanctions contre la Russie

En Ukraine, la trêve semble un objectif encore bien trop obscur. Si les négociations des derniers mois avaient pu laisser planer la perspective d’un accord de paix en 2025, l’intensité des combats et des bombardements confirment une guerre perpétuelle. Des dizaines de drones survolent le territoire ukrainien. Plus de 200 affrontements ont eu lieu, le long de la ligne de front rien que pour la journée de jeudi, a indiqué l’état-major de l’armée ukrainienne.

Devant cet enlisement, seules les villes de Koupiansk et de Pokrovsk semblent menacées par l’avancé de l’armée russe. Du côté européen, la Commission a approuvé ce vendredi un 19e « paquet » de sanctions contre Moscou, ciblant notamment les hydrocarbures russes, a annoncé sa porte-parole, Paula Pinho. C’est désormais aux 27 pays membre de l’UE de l’adopter. Parmi les pistes avancées l’interdiction des importations de GNL russe d’ici le 1er janvier 2027, soit un an plus tôt que prévu.

Un sommet le 1er octobre

La porte-parole de l’UE pour l’énergie, Anna-Kaisa Itkonen, a également donné un peu plus de détails sur les huit pays de l’UE qui importent encore du gaz russe via des gazoducs ou du GNL : la Belgique, la France, la Grèce, la Hongrie, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovaquie et l’Espagne.

Elles visent aussi les entités secondaires en Chine, Inde ou Asie centrale, accusées d’aider la Russie à contourner les sanctions occidentales ou à vendre son pétrole. Des importations en Europe qui se limitaient à 2 % au deuxième trimestre 2025 contre 29 % au premier trimestre 2021. Sur le GNL, l’Europe en importerait encore 10 %. « Cet alignement sur les demandes américaines, favorise aussi le rapprochement entre la Chine, l’Inde, la Russie et d’autres. Ces pays vont mettre en place des contre-mesures », juge un diplomate en poste en Asie.

Ces sanctions pourraient être validées par les dirigeants de l’UE lors du Conseil européen à Copenhague le 1er octobre. Le président du Conseil européen, António Costa, a déclaré dans une lettre que la réunion serait axée sur « le renforcement de la préparation commune de l’Europe en matière de défense et le renforcement de notre soutien à l’Ukraine », notamment dans le contexte des récentes violations de l’espace aérien polonais et roumain par la Russie.

À cette occasion, les Vingt-Sept devraient discuter des objectifs de préparation en matière de défense fixés pour 2030 et examiner les autres mesures qui peuvent être prises pour soutenir l’Ukraine, notamment de son processus d’adhésion.

Le président des États-Unis va-t-il se rapprocher des positions européennes ? Au terme de sa visite au Royaume-Uni, Donald Trump a clairement critiqué, jeudi, son homologue russe qui « l’a laissé tomber » afin d’aboutir à une trêve en Ukraine. Lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre britannique, Keir Starmer, le dirigeant républicain a indiqué Poutine « m’a déçu (…) Il tue beaucoup de gens, et il en perd plus qu’il n’en tue. Les soldats russes sont tués à un rythme plus élevé que les soldats ukrainiens. »

Un premier bougé diplomatique ? Donald Trump qui a réclamé aux Européens de davantage cibler les hydrocarbures russes entend pouvoir exporter davantage de gaz américain. Les critiques ne sont pas nouvelles jugent plusieurs observateurs. « Le président américain veut se consacrer essentiellement à la Chine, ce qui arrange le président russe », analyse l’ancien ambassadeur de France en Russie et au Sénégal, Jean de Gliniasty.

Une rencontre Lavrov-Rubio

Une première réponse aura lieu lors de l’Assemblée générale de l’Onu qui s’ouvre le 22 septembre à New York. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue américain Marco Rubio ont déjà prévu une rencontre. « Il est clair qu’ils vont évoquer un large spectre de questions, tant bilatérales que multilatérales », a confirmé Vassili Nebenzia, cité par l’agence d’État RIA Novosti. Un autre entretien est également acté entre Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans son dernier billet, sur « La Vigie », le général Olivier Kempf observe : « Il reste dès lors une question centrale : les négociations se poursuivent-elles en coulisses ? Le 12 septembre, le Kremlin a déclaré mettre ces discussions en pause, indication que jusqu’à présent elles se déroulaient. La nouvelle n’a suscité aucun commentaire et rien ne dit que ces négociations soient effectivement définitivement arrêtées. Il n’est probablement pas anodin que cette déclaration intervienne après l’affaire des drones. »

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