Meurtre de Nahel : la cour d’appel de Versailles se laisse jusqu’au 5 mars pour décider si le policier auteur du tir devra être jugé aux assises

L’auteur du tir à bout portant ayant tué Nahel Merzouk, à l’âge de 17 ans, le 27 juin 2023 à Nanterre, connaîtra son sort jeudi 5 mars 2026. Il saura alors s’il doit comparaître devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine. Pour rappel, deux juges d’instruction, en charge du dossier, ont ordonné un procès du fonctionnaire, Florian M., pour meurtre, en juin dernier, conformément aux réquisitions du parquet de Nanterre de début mars.

« Sous réserve de l’exercice des voies de recours et des délais qui y sont attachés, (celui-ci) pourrait se tenir devant la cour d’assises au second ou au troisième trimestre 2026 », annonçait alors le tribunal de la ville des Hauts-de-Seine. « Rien ne démontre que Florian M. était autorisé dans la circonstance à faire usage de son arme, en méconnaissance des principes de proportionnalité et d’absolue nécessité », résume l’ordonnance. Le lancement du potentiel procès pourrait être retardé au vu de la temporalité imposée par la cour d’appel de Versailles.

Le policier muté au Pays basque

Pour son avocat, Me Laurent-Franck Liénard, le tir de Florian M. est, au contraire, « légitime » et « conforme au cadre légal ». En amont de l’audience, le conseil espérait « que la cour d’appel aura le recul nécessaire, à distance des faits et avec la sérénité de ses débats, pour prendre une décision différente et conforme au droit ».

Son client – dont l’Inspection générale de la police nationale a proposé le renvoi devant un conseil de discipline – a repris son travail. Le quotidien Libération révélait ainsi, le 30 juin dernier, que l’ex-membre de la BRAV-M, ainsi que de la compagnie de sécurisation et d’intervention de Seine-Saint-Denis (CSI 93), a été muté au Pays basque.

Loin de se remettre en question, Florian M. affirme « avoir voulu faire mon travail », comme l’indique un passage de la trentaine de pages rédigée par ce dernier, lors de ses premiers jours de détention provisoire.

La scène a pourtant été filmée, puis partagée sur les réseaux sociaux, amenant à de multiples révoltes dans des quartiers populaires à travers la France. Depuis, Nahel Merzouk est devenu un symbole, celui des trop nombreuses victimes des violences systémiques de la police.

L’argument de la légitime défense a quant à lui été démonté. « Les expertises du véhicule montrent qu’il n’y avait aucun risque pour le tireur, ni pour un tiers, rappelait Me Frank Berton, avocat de la mère de Nahel. Il s’agit d’une expertise et non d’une interprétation des juges. » Ce dernier attend donc « de la chambre de l’instruction confirmation de l’ordonnance de mise en accusation rendue par le juge d’instruction et un renvoi » devant les assises.

Le second policier présent lors du contrôle, un temps témoin assisté pour complicité de meurtre, avait bénéficié d’un non-lieu. Contactée par l’Agence France-Presse (AFP), son avocate, Me Pauline Ragot, n’a pas souhaité s’exprimer en amont de l’audience. En attendant de connaître la tournure de l’affaire, l’avocate de la famille de Nahel, Me Margot Pugliese, le rappelle : ces derniers n’attendent qu’une chose. À savoir, que « l’impunité des policiers cesse ».

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