« Un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. » C’est ce qu’a assuré le premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, à l’issue de trois heures de pourparlers à Kuala Lumpur entre le Cambodge et la Thaïlande. Après cinq jours d’affrontements faisant au moins 36 morts et environ 280 000 déplacés de part et d’autre de leur frontière commune, les deux royaumes d’Asie du Sud-Est ont promis de mettre fin aux hostilités ce lundi 28 juillet, dès minuit.
Phumtham Wechayachai, le premier ministre thaïlandais, a salué l’intervention en ce sens de la Chine, des États-Unis et de la Malaisie, cette dernière occupant la présidence tournante de l’Asean (Association des nations d’Asie du Sud-Est) et ayant accueilli les négociations. Son homologue cambodgien, Hun Manet, espère que le cessez-le-feu posera « les conditions pour que les discussions bilatérales mènent de nouveau à des relations normales. »
Un conflit vieux d’un siècle
Le Cambodge et la Thaïlande se sont engagés le 24 juillet dernier dans un des épisodes les plus meurtriers d’un conflit frontalier vieux d’un siècle. Les deux pays contestent le tracé de leur frontière commune, décidé en 1907 par un accord entre le royaume de Siam – actuelle Thaïlande – et l’Indochine française. Accord jugé déséquilibré par la Thaïlande qui réclame plusieurs territoires dès 1934, dont le temple de Preah Vihear, symbole du différend. Malgré les revendications de Bangkok, la Cour internationale de justice a – depuis 1962 – toujours statué en faveur de la souveraineté du Phnom Penh.
Les hostilités de ces cinq derniers jours sont les premières depuis quinze ans. Sur fond d’ultranationalisme et de rivalités intérieures entre l’armée et le gouvernement thaïlandais, les tensions réapparaissent en juin 2025, après la découverte par l’armée thaïlandaise de mines antipersonnel dans la zone frontalière de Chong Bok. Les premiers tirs s’échangent et les deux armées s’accusent mutuellement d’avoir ouvert le feu. La situation prend une tout autre ampleur après l’utilisation par le Cambodge de roquettes BM-21 dans des zones civiles, conduisant au tragique bilan de ces cinq jours.
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