Alors que le niveau de violence dans le conflit qui oppose la Thaïlande et le Cambodge ne cesse de s’accentuer depuis deux jours, Bangkok a décrété, dans sept districts de Chanthaburi et un district de Trat, que la « loi martiale » était « désormais » en vigueur. L’annonce, dévoilée par Apichart Sapprasert, responsable de l’armée thaïlandaise dans les provinces concernées, instaure un régime juridique dans lequel l’armée détient des pouvoirs exceptionnels.
À la demande du premier ministre cambodgien Hun Manet, le Conseil de sécurité des Nations unies doit tenir dans la journée une réunion d’urgence à New York. Son homologue thaïlandais, Phumtham Wechayachai, a prévenu que l’aggravation de la situation conduirait à « une guerre ». « Nous avons essayé de trouver un compromis parce que nous sommes voisins, mais nous avons donné l’instruction à l’armée thaïlandaise d’agir immédiatement en cas d’urgence », a-t-il poursuivi.
Un appel au dialogue par les États-Unis, la France, l’Union européenne et la Chine
Au même moment, Bangkok s’est dit « prêt » à négocier une sortie de crise, par la voie diplomatique ou par l’entremise de la Malaisie, qui occupe la présidence tournante de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), dont la Thaïlande et le Cambodge sont membres. Les États-Unis, la France, l’Union européenne et la Chine ont déjà tous appelé au dialogue et à la fin du conflit.
Ce vendredi 25 juillet, Bangkok déplore la mort de 15 personnes, dont un enfant de huit ans, à la suite de tirs d’artillerie et de roquettes de la part de Phnom Penh. De leurs côtés, les autorités locales cambodgiennes ont fait part d’un mort et de cinq blessés. Le ministère de la Défense du pays a, pour sa part, accusé l’armée thaïlandaise d’avoir « violé l’intégrité territoriale du Cambodge » en déployant six avions de combats F-16, invoquant ensuite « le droit du pays à la légitime défense pour repousser l’incursion ».
Ces agressions, dont les deux monarchies s’accusent mutuellement, sont l’apogée d’une escalade militaire débutée il y a quelques mois. Après de brefs échanges de tirs conduisant à la mort d’un soldat cambodgien le 28 mai, c’est la découverte d’une mine antipersonnel dans la zone frontalière de Chong Bok qui a envenimé la situation.
La situation est d’autant plus grave que c’est la première fois depuis quinze ans que le Cambodge et la Thaïlande, en conflit de longue date sur le tracé de leur frontière commune, s’affrontent aussi violemment. Entre 2008 et 2011, les deux armées s’étaient opposées après que le premier des deux belligérants a fait inscrire le temple de Preah Vihear au patrimoine mondial de l’Unesco.
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