À Gaza, accord ou pas, les Palestiniens subissent toujours les crimes de l’armée israélienne. Au moins 51 personnes ont été tuées ces dernières vingt-quatre heures dans les bombardements de l’aviation et des chars. Le génocide se poursuit avec, au total, au moins 66 000 morts, essentiellement des civils.
Le ministère de la Santé a indiqué, mercredi, que 177 personnes, dont 36 enfants, ont succombé à la faim et à la malnutrition depuis le 22 août. C’est à cette date que l’état de famine avait été déclaré selon la classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) des Nations unies.
Après deux années d’horreur, le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou poursuit ses opérations dans l’enclave. La dernière route qui permettait encore de relier le nord et le sud de l’enclave a été fermée le 1er octobre. « C’est la dernière occasion pour les habitants qui le souhaitent de se déplacer vers le sud et de laisser les terroristes du Hamas isolés dans la ville de Gaza », a déclaré le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, dans un communiqué. « Ceux qui resteront à Gaza (ville, NDLR) seront considérés comme des terroristes et des partisans du terrorisme », a-t-il menacé.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) alertait déjà, le 20 septembre, sur le déplacement de plus de 250 000 habitants de l’agglomération au cours du seul mois écoulé. Un phénomène qui s’est accéléré depuis cette date, alors que 85 % de la population de l’enclave a enduré des déplacements forcés depuis le 7 octobre.
« Des conditions humanitaires effroyables »
La Croix-Rouge a annoncé suspendre ses activités dans la ville de Gaza, en raison de l’intensification des opérations militaires israéliennes, tout en avertissant que « des dizaines de milliers de personnes » restées sur place faisaient face à des « conditions humanitaires effroyables ».
Malgré ces crimes, l’Allemagne rompt son propre embargo décrété en août. Lors d’une question au gouvernement, le ministre de l’Économie a affirmé avoir approuvé des exportations d’armes vers Israël d’une valeur d’au moins 2,46 millions d’euros.
Devant la passivité de l’Union européenne et des dirigeants des 27 pays membres réunis en sommet à Copenhague, la maigre possibilité d’un cessez-le-feu repose sur l’application du plan en 20 points présenté lundi par Donald Trump aux côtés de Benyamin Netanyahou, à Washington. Pour l’instant, il reste en suspens. Le président des États-Unis a fixé mardi un ultimatum de soixante-douze heures au mouvement islamiste palestinien du Hamas pour accepter ce deal.
Le Hamas partagé
Plusieurs sources évoquent une possible réponse dans les quarante-huit heures de l’organisation où deux positions se dessineraient. La première serait favorable à la signature du plan pour un cessez-le-feu immédiat avec des garanties sérieuses sur le retrait total de l’armée israélienne de la bande de Gaza.
D’autres veulent amender les 20 points. Sous couvert d’anonymat, un responsable du Hamas aurait précisé à l’AFP que l’organisation « souhaite modifier certaines clauses comme celle sur le désarmement et l’expulsion des cadres du Hamas » hors du territoire. Le mouvement islamiste attendrait l’avis d’autres factions palestiniennes, avant de répondre.
Au niveau régional, le Qatar, l’Égypte et d’autres États du Golfe tentent d’obtenir un consentement du Hamas. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Bader Abdelatty, a confirmé que la proposition de Donald Trump nécessitait davantage de négociations sur certains points. Le premier ministre qatari a également plaidé pour des discussions avant que le Hamas ne donne sa réponse.
Côté israélien, Benyamin Netanyahou va devoir entamer des négociations serrées avec les partenaires de sa coalition d’extrême droite sur les termes de l’accord, sa formulation finale et le calendrier de mise en œuvre. Lui-même parie sur une réponse négative du Hamas pour continuer sa guerre génocidaire avec le soutien des États-Unis.
« Netanyahou s’acharnera à vendre la vision d’une guerre éternelle avec les Palestiniens, ponctuée de vagues promesses de normalisation avec les États du Golfe, jusqu’aux prochaines élections, prédit Amos Harel, journaliste à Haaretz. Si Trump parvient à lui imposer un accord, cela pourrait entraîner l’effondrement du gouvernement actuel et de nouvelles élections début 2026. »
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