Après le départ choc de Liam Rosenior, parti sur le banc de Chelsea en pleine saison, le Racing Club de Strasbourg a annoncé le nom de son successeur, mercredi 7 janvier. Il s'agira de l'Anglais Gary O'Neil. Un jeune entraîneur de 42 ans dont le profil ressemble beaucoup à celui de son prédécesseur, qui a replacé le club alsacien sur la scène européenne.
Comme Rosenior, O'Neil a effectué toute sa carrière de joueur professionnel en Angleterre, en partageant son temps de jeu entre la Premier League (214 matchs) et le Championship (191 matchs), la deuxième division anglaise, sur peu ou prou la même période du début des années 2000 à la fin des années 2010. Les deux hommes ont d'ailleurs porté le maillot de la sélection espoirs en même temps en 2005, Rosenior évoluant au poste de latéral droit et O'Neil au milieu de terrain, et n'ont jamais franchi le cap suivant.
Les deux ont lancé leur carrière de coach la même année en 2020. S'ils n'ont pas connu exactement la même ascension, O'Neil débutant en tant qu'adjoint auprès de la réserve de Liverpool puis du côté de Bournemouth quand Rosenior occupait un poste de coach principal en deuxième division, ils arrivent à Strasbourg avec le même statut : celui d'un technicien prometteur, n'ayant jamais eu l'occasion de jouer les premiers rôles dans un championnat de première division.
Deux maintiens obtenus en Premier League
En trois saisons de Premier League, Gary O'Neil a systématiquement joué le maintien. Lancé en 2022 dans un rôle d'intérimaire après l'éviction de Scott Parker, dont il était l'adjoint, le natif de Beckenham, dans la banlieue de Londres, convainc les dirigeants de Bournemouth de lui confier les clés de l'équipe. Il réussit à éviter la relégation des Cherries. Arrivé dans la foulée d'une humiliante correction contre Liverpool (9-0), il débute par une série de six matchs sans défaite, ce qui lui vaut une nomination au titre d'entraîneur du mois de septembre.
Malgré la 15e place obtenue (sur 20 équipes) en fin de saison par le club qui venait d'être promu, Bournemouth le remplace par l'Espagnol Andoni Iraola dès l'été 2023. O'Neil doit attendre début août pour rebondir sur un autre banc, profitant du départ à Wolverhampton de Julen Lopetegui, en conflit avec ses dirigeants.
A la tête d'une équipe amputée d'une très grande partie de ses meilleurs joueurs à l'intersaison, l'Anglais évite la catastrophe en guidant les Wolves à la 14e place ainsi qu'à un quart de finale de FA Cup. Prolongé pour quatre ans supplémentaires, il voit sa deuxième saison sur le banc de Wolverhampton tourner au cauchemar et est limogé avant la mi-saison, son équipe pointant à la 19e place avec 11 défaites en 16 journées.
Un style de jeu a priori compatible
Depuis la fin de cette expérience il y a un an, Gary O'Neil n'avait pas retrouvé de banc de touche. Sa "solide expérience du football de haut niveau" a convaincu Strasbourg de lui offrir les clés de l'équipe, mercredi. "C’est un entraîneur exigeant et reconnu, avec une approche moderne du football qui s’inscrit pleinement dans la continuité de notre projet sportif", s'est justifié Marc Keller, le président du RCSA, dans un communiqué de presse.
Le nouveau coach strasbourgeois a l'habitude de faire évoluer ses joueurs dans un système en 3-4-2-1, le même qu'utilisait Liam Rosenior ces derniers mois. Ses équipes sont connues pour exercer un contre-pressing intense avec une ligne défense plutôt haute, mais aussi pour un jeu en transition très rapide. Deux caractéristiques qui ont permis au RCSA de jouer les premiers rôles en Ligue 1 la saison passée, au point de frôler une qualification en Ligue des champions.
Le plus haut fait d'armes de l'Anglais est d'avoir battu Chelsea - le club majeur de la galaxie BlueCo, propriétaire de Strasbourg - à deux reprises en un mois et demi en Premier League lors de la saison 2023-2024, avec notamment un succès 4-2 à Stamford Bridge qu'il décortique longuement sous le prisme tactique pour Coaches' Voice. Mais sa philosophie de jeu n'est pas l'unique argument qui plaide en sa faveur auprès de la direction strasbourgeoise, devenue spécialiste dans le recrutement, le développement et la revente de jeunes joueurs à fort potentiel.
"La plupart des gens jugent la réussite d'un coach par les buts, les points récoltés et le classement en championnat. Ce sont les meilleures façons de juger et elles sont vitales à ton succès en tant que coach. Mais les clubs m'ont aussi payé pour que j'augmente la valeur de leurs joueurs. Ils essaient de diriger une entreprise prospère", détaille-t-il pour le même média dans une tribune en forme de curriculum vitae. Du côté de Wolverhampton, il a par exemple travaillé avec Pedro Neto (vendu 60 millions d'euros à Chelsea), Rayan Aït Nouri (vendu 36,8 millions d'euros à Manchester City) ou encore Matheus Cunha (vendu 74,2 millions d'euros à Manchester United).