TÉMOIGNAGE. "Nous vivons une véritable crise" : après la prise d'al-Facher au Soudan, des réfugiés arrivent exténués dans la ville de Tawilah

Un véritable drame humanitaire. Le Soudan continue de s'enfoncer dans un conflit sanglant entre les forces l'armée réguière et celle des paramilitaires, malgré une proposition américaine de cessez-le-feu. Cette guerre, qui qu re dans ce pays d'Afrique depuis plus de deux ans, oppose l'armée du général Abdel-Fattah Al-Burhane à son ancien allié Mohamed Daglo, chef des Forces de soutien rapides qui ont pris le 26 octobre la ville d'al-Facher.

Les témoignages qu'a pu recueillir l'ONG Alima, sur place, traduisent des conditions horribles dans lesquelles s'est déroulée la prise de la ville. Haruna Tarfa est médecin pour cette ONG. Il se trouve à quelques dizaines de kilomètres d'al-Facher, ville qui vient de tomber et d'où arrive la population qui a pu fuir. "Nous vivons une véritable crise à Tawilah qui est liée aux événements d'al-Facher avec l'arrivée de beaucoup de réfugiés", explique le médecin.

"Ils n'ont plus rien à manger durant tout le trajet entre al-Facher et Tawilah."

Le docteur Haruna Tarfa , ONG Alima

à franceinfo

Pour comprendre l'horreur de la situation, il faut imaginer ces familles qui doivent affronter la chaleur et l'enfer du désert avant de pouvoir espérer recevoir aide et soins. Quand ils arrivent, "les enfants, les femmes et les filles sont littéralement épuisés et affamés", souligne Haruna Tarfa.

Le docteur reste discret sur les horreurs vues et entendues car l'objectif d'Alima est de soigner et de venir en aide à tous les réfugiés sans distinction : "Ce dont nous manquons cruellement, c'est de l'aide sous forme de nourriture et de ravitaillement".

Le siège de la ville d'al-Facher a duré 18 mois. Depuis 2023, la guerre au soudan a fait des centaines de milliers de morts et de déplacés.