Le commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS qui regroupe notamment les YPG et YPJ kurdes, basées dans le Nord-Est syrien), Mazloum Abdi, a annoncé qu’il était parvenu à « un accord de principe » sur un « mécanisme d’unification » lors de négociations avec le gouvernement de Damas. Il a déclaré à l’Associated Press qu’il s’agissait d’un tournant politique et militaire important après des mois d’impasse.
Le 10 mars, Abdi, avait signé un accord historique avec le président syrien par intérim, Ahmed al-Sharaa. Cet accord vise à placer toutes les institutions civiles et militaires du nord-est de la Syrie (Rojava), y compris les FDS, sous le contrôle de l’État et à instaurer un cessez-le-feu national. Les négociations pour la mise en œuvre de l’accord se poursuivent depuis cette date, non sans mal.
« Nous disposons de dizaines de milliers de soldats et de forces de sécurité intérieure », a fait savoir Mazloum Abdi. « Ces forces rejoindront l’armée nationale non pas individuellement, en petits groupes, mais en unités militaires constituées selon les règles fixées par le ministère de la Défense. »
Abou Omar al-Idlibi, haut commandant des Forces démocratiques du Nord – une composante des FDS – a expliqué au site kurde Rudaw que les forces soutenues par les États-Unis « intégreront les formations de la nouvelle armée syrienne. Elles seront intégrées en trois formations militaires (des unités, N.D.L.R.) et plusieurs brigades indépendantes, dont une brigade des Unités de protection des femmes », les YPJ. Il a ajouté : « Néanmoins, la véritable essence de ces forces – et la mission pour laquelle elles ont été fondées – restera profondément enracinée dans notre conscience et dans notre engagement indéfectible à défendre notre peuple et notre patrie. »
Renforcer la stabilité
Mazloum Abdi a souligné l’expérience de ses troupes avant de mettre en avant des arguments plus politiques. « Notre combat contre Daech, qui dure depuis plus de dix ans, a démontré que nos soldats ont acquis une expérience significative. Cette expérience contribuera au renforcement de l’armée syrienne », a-t-il déclaré.
Plus tôt dans la semaine, Abdi avait annoncé que conformément au dernier accord entre les FDS et Damas, les forces antiterroristes affiliées aux FDS seront déployées dans d’autres régions de la Syrie pour aider le gouvernement intérimaire à combattre l’État islamique (ISIS).
Il a insisté sur le fait que la mise en œuvre de l’accord conclu avec le gouvernement de Damas en mars renforcerait la stabilité dans tout le pays après 14 ans de guerre civile. Le chef des FDS a fait remarquer que les attaques de type sectaire perpétrées à Soueida en juillet (dans le djebel druze) et à Lattaquié (dominée par la communauté alaouite) en mars ont suscité l’inquiétude des populations du nord-est, ajoutant : « Si un système garantissant l’égalité des droits pour tous les Syriens n’est pas mis en place, de tels incidents risquent de se reproduire. »
Ce qui pose directement la question de la structure de l’État et du type de régime. « Nous prônons le partage de l’autorité entre le centre et les provinces au sein d’une Syrie unifiée. Il ne s’agit pas d’une séparation, mais d’un modèle de gouvernance équitable. Selon l’accord, toutes les institutions civiles, économiques et militaires du nord et de l’est de la Syrie seront intégrées à la structure centrée sur Damas. »
Reste une inconnue : comment la Turquie va-t-elle réagir ? Mazloum Abdi se veut optimiste. « Si les Syriens parviennent à un accord, la Turquie n’aura aucune excuse pour intervenir. Nous avons également constaté qu’Ankara a récemment fait preuve d’une certaine souplesse sur cette question », assure-t-il.
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