Pas de trêve à proprement parler mais déjà la bascule de la mi-parcours. La 13 journée, dite du Boxing Day a conclu la phase aller de Top 14, samedi 27 et dimanche 28 décembre, avec le titre honorifique de champion d'automne décerné à Toulouse, qui a repris les commandes de leader. Si les joueurs retrouveront déjà les pelouses le premier week-end de janvier, l'heure est au bilan de la première moitié de saison, marquée par deux locomotives de tête, une bataille également à deux pour le maintien, et un championnat très offensif.
Toulouse pénalisé mais en tête
Toulouse suit sa feuille de route, malgré les affaires extra-sportives. Les Hauts-Garonnais, triples champions de France en titre, et vainqueurs sans appel du choc du Boxing Day contre La Rochelle dimanche soir (60-14), sont bien installés en tête de classement, avec le titre honorifique de champion d'automne et le meilleur bilan de la première moitié de saison (dix victoires, trois défaites, neuf bonus). Et ce malgré les déboires de l'affaire du transfert controversé de Melvyn Jaminet, pour lequel le club a été sanctionné de quatre points de retrait dont deux avec sursis par le conseil de discipline du rugby français mi-décembre.
Seul club avec une différence de points au-delà des + 200 (et même des + 100), le Stade Toulousain continue d'impressionner sur les pelouses. Il a notamment été renforcé par le retour d'Antoine Dupont, fin novembre, après presque neuf mois d'absence à la suite de sa rupture du ligament croisé lors du dernier Tournoi des six nations, mais aussi par l'éclosion au plus haut niveau de certains grands espoirs, à l'image du centre néointernational Kalvin Gourgues. Avec 47 points après 13 journées, le Stade Toulousain est dans la moyenne haute pour un leader de Top 14 ces dix dernières saisons (43,7 points en moyenne), et semble bien lancé vers une huitième phase finale de rang.
La belle surprise paloise
C'est sans doute la sensation de cette première moitié de saison. À mi-parcours, la Section Paloise s'est installée en haut de tableau et joue les premiers rôles, deuxième juste derrière le Stade Toulousain. Les hommes de Sébastien Piqueronies ont notamment été portés par une jeunesse en réussite et déjà taillée pour le haut niveau (Emilien Gailleton, 22 ans, Fabien Brau-Boirie, 20 ans, Grégoire Arfeuil, 21 ans et meilleur réalisateur palois avec 7 essais) et sont allés chercher plusieurs grosses performances, comme une victoire de prestige sur la pelouse de l'Union Bordeaux-Bègles (34-33), ou un large succès face au double champion d'Europe rochelais (53-33) fin novembre.
Sur un rythme d'enfer, les Palois peuvent rêver d'une première phase finale depuis l'exercice 2002-2003 (quatrièmes du Top 16). Ces dix dernières saisons, seul le Stade Rochelais n'a pas réussi à accrocher la qualification pour la phase finale après avoir été dans les deux premiers à mi-parcours (en 2017-2018), et la moitié des équipes concernées ont réussi à se qualifier directement pour les demi-finales.
Débats serrés pour le top 6
Derrière les Toulousains et les Palois, on peut compter neuf équipes dans la course aux quatre places de barragistes. Toulon, 3e avec 39 points, a creusé un petit trou grâce à sa victoire bonifiée face à Perpignan (31-16 dimanche). Ensuite, trois points séparent le trio Stade Français-Union Bordeaux-Bègles-Aviron Bayonnais (34 points), entre la 4e et la 6e place, et Clermont, 11e avec 31 unités. De quoi ne laisser de côté que le Lou, presque déjà loin avec ses 23 points, et les deux équipes de bas de tableau, Montauban et Perpignan. Aucune de ces équipes n'arrive à réellement prendre les devants et à se détacher des autres, et hormis les deux locomotives de tête, seul Montpellier a été capable d'enchaîner plus de deux victoires de rang sur les cinq dernières rencontres.
Dans ce contexte, le moindre bon résultat peut permettre d'opérer une jolie remontée au classement, surtout si elle est bonifiée, à l'image du bond de la 8e à la 3e place pour l'UBB après sa victoire face à Toulon en conclusion de la 12e journée, ou de la remontée de Bayonne dans le top 6 grâce à son succès au finish contre le Stade Français (35-33) samedi.
Perpignan et Montauban, bataille à deux dans la course au maintien
Sauf renversement de situation, la descente directe et la 13e place de barragiste se joueront entre Perpignan et Montauban. Avec seulement une victoire chacun au compteur, les deux équipes n'ont pas quitté le bas de tableau depuis le début de la saison.
Promu à qui on promettait l'enfer, souvent largement dépassé face à ses adversaires et avec une différence de points qui dépasse déjà les -350, Montauban parvient pour l'instant à se maintenir au-dessus de la place de lanterne rouge. L'USM a décroché ses deux premiers points en accrochant Montpellier sur sa pelouse fin septembre, avant de signer un premier succès déterminant face à son adversaire direct au maintien fin octobre, de quoi lui permettre de devancer l'Usap.
Plombés par de nombreuses blessures à certains postes clés, les Perpignanais ont, eux, dû attendre la 12e journée, juste avant les fêtes, pour enregistrer leur première victoire de la saison, face à Clermont, et comptent pour l'instant le plus grand nombre de revers (12). Les deux équipes se retrouveront d'ailleurs dès la 15e journée le 24 janvier pour un match retour à fort enjeu qui devrait dessiner la suite de leur saison.
Des scores fleuves et des écarts plus importants
Ce cru 2025-2026 est parti sur de très bonnes bases. Le Top 14 cette saison est résolument spectaculaire et offensif, avec plus de points marqués au total à ce stade de la saison par rapport à l'an passé (5 137 contre 4 451). Avec 57,7 points par match, il est même parti sur de meilleures bases que le record établi l'an passé (51,1). Le Boxing Day de la 13e journée a bien illustré cette folie offensive, avec 446 points inscrits soit 63,7 par match, plus que la moyenne de la première partie de saison.
Une dynamique qui s'explique notamment par de très grands écarts dans de nombreuses confrontations, alors même que le niveau n'a jamais semblé aussi homogène. Sur les 13 premières journées disputées, il y a toujours eu au moins une équipe pour inscrire plus de 40 points. Et 10 journées ont vu au moins une équipe inscrire plus de 50 points. Des écarts qui se retrouvent également dans les différences de points, avec déjà une amplitude de plus de 600 entre Toulouse, leader (+ 251) et Montauban, 13e (- 353).