"Je prends ma retraite tout de suite ou non ?" : l’Agirc-Arrco organise des rendez-vous pour aider les futurs retraités déroutés

Le projet de loi de finances de la Sécurité sociale revient mardi 2 décembre dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, après un parcours législatif fait de rebondissements pour la suspension de la réforme des retraites, votée en première lecture par les députés, puis rejetée par les sénateurs.

C'est dans ce contexte que l'Agirc-Arrco, le régime de retraite complémentaire, organise cette semaine les "Rencontres retraites", avec près de 30 000 rendez-vous gratuits par téléphone ou dans le bureau d’un conseiller. Dans le Val-de-Marne, l’agence de Créteil propose ainsi cette semaine 535 entretiens et ces créneaux partent comme des petits pains, car de nombreux futurs retraités sont déroutés pas la situation.

"On ne comprend rien"

À l'accueil, quelques salariés patientent avec leur dossier retraite en main, le regard assez perdu. Ils expliquent vouloir interroger leur conseiller sur le montant de leur future pension, "combien [ils vont] avoir" et à "quelle date" ils pourront partir. La question de l’âge de départ arrive en effet très vite dans les conversations. "On a une petite population [d’assurés âgés] de 57, 58 et 59 ans qui viennent demander s’ils peuvent partir plus tôt ou si la réforme des retraites les concerne", constate le responsable de l’agence Hamadi Diarra.

Il faut dire que le parcours législatif de la suspension de la réforme de 2023 déroute de nombreux futurs retraités. Antoinette, la soixantaine, reconnaît qu’elle "ne comprend rien", car "un coup 62 ans, un coup 64". "Je voulais savoir s'il faut prendre ma retraite tout de suite ou pas", lance-t-elle à sa conseillère, pas surprise par l’interrogation. Alors, comme à chaque fois, Katia fait preuve de transparence. "On n'est au courant de rien ;on ne sait pas ce qui va être mis en place ; on ne sait pas", répond la professionnelle. Elle rappelle ensuite que rien n’a encore été acté au Parlement et revient sur la législation en cours pour expliquer les droits actuels des différents assurés.

"On a beaucoup de demandes"

Quelques bureaux plus loin, Sylvie se prête au même exercice de pédagogie. Pour cette conseillère, ces entretiens permettent surtout aux futurs retraités de vérifier leurs données, faire un point sur leur carrière. Elle en profite aussi pour leur proposer "en fonction de leur activité", des dispositifs spécifiques, comme "le cumul emploi-retraite ou la retraite progressive". "Ça leur permet de diminuer leur activité, parce qu'arrivé à un certain âge, de continuer, ça peut être compliqué pour certaines personnes", confie-t-elle. Depuis le mois de septembre, ce dispositif est désormais accessible dès 60 ans, ce qui entraîne un certain regain d’intérêt. "On a beaucoup de demandes, les personnes qui ont 60 ans ou vont les avoir sont au taquet, donc on a beaucoup d’explications à leur donner", constate la professionnelle.

Ces explications peuvent se faire tout au long de l'année, d’autant que l’agence de Créteil a la particularité d’accueillir tous les jours des futurs retraités sans rendez-vous. Pour son responsable, il ne faut pas hésiter à passer la porte : "Plus tôt ils préparent leur retraite, plus tôt on les informe de leurs droits et mieux ils peuvent engager leurs dossiers en temps et en heure", exhorte Hamadi Diarra.