"On nous a dit qu'il fallait se coucher sous un bureau et c'est tout" : les salariés du site d'Orange à Marseille "ont peur de revenir", selon la CFE-CGC

"Les salariés ont peur de revenir", affirme lundi 15 décembre sur franceinfo Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC d'Orange, concernant la réouverture progressive du site, situé dans un quartier sensible de Marseille. Il avait été fermé pendant quinze jours par mesure de sécurité en raison de tensions liées au trafic de drogue dans cette zone. Depuis lundi matin, les 800 employés de l'opérateur reviennent peu à peu travailler au sein du site de Saint-Mauront, à Marseille.

"La démonstration spectacle de la police ne les rassure en rien, ils savent que d'ici quelques jours la police partira, qu'ils retrouveront les conditions difficiles d'accès au bâtiment dans un quartier sur lequel le travail n'a pas été fait", critique Sébastien Crozier. Le responsable syndical attaque "les mesures prises par la direction" qui lui paraissent "totalement déplacées".

"On nous explique que nous allons être formés aux risques que peuvent encourir les personnels en cas de tirs."

Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC d'Orange

à franceinfo

Par exemple "s'éloigner des fenêtres, se coucher à terre quand ils entendent des coups de feu", détaille le responsable syndical. Une formation expéditive, selon Nadège Poët, salariée sur le site et élue CFE-CGC au CSE d’Orange. "On nous a dit qu'il fallait se coucher sous un bureau, et c'est tout", déplore-t-elle ce lundi matin sur ICI Provence (ex-France Bleu). "Nous ne sommes pas du tout rassurés, vu les informations que l’on a eues et la façon dont se sont passées les choses", ajoute la représentante syndicale.

Tous les sites ferment à Noël sauf celui de Saint-Mauront

Les mesures annoncées – renforts ponctuels de rondes de police, présence d’un agent de sécurité à la sortie du métro – lui apparaissent insuffisantes. "On a l’impression que la décision n’a pas été prise par notre direction mais plutôt par les services de l’État", loin de la réalité du terrain, pointe Nadège Poët. "Si M. Macron avait son bureau à Saint-Mauront, peut-être que la sécurité serait un peu plus assurée", tacle-t-elle.

Sébastien Crozier explique par ailleurs que le site est "déjà sécurisé par une sécurité privée, celle d'Orange" et que "les forces de police font ce qu'elles peuvent" mais qu'elles sont "sûrement en nombre insuffisant". Le responsable syndical exige que, "tant que l'ordre républicain ne sera pas rétabli, les personnels d'Orange puissent travailler dans les autres bâtiments qu'Orange possède à l'intérieur de Marseille". Cependant, Sébastien Crozier regrette qu'"au nom du bilan carbone et des économies d'énergie, la direction ferme pendant toute la période des fêtes tous les autres immeubles, sauf celui de Saint-Mauront. Imaginez la colère des salariés", ajoute-t-il.