"L'impression d'être au milieu de la guerre des gangs" : face à une "montée des tensions" dans un quartier de Marseille, Orange ferme un site pour 15 jours

"On a vraiment l'impression d'être au milieu de la guerre des gangs", déplore vendredi 28 novembre sur France Inter Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC Orange. La veille, l'opérateur télécoms a annoncé la fermeture pour 15 jours de son site à Marseille (Bouches-du-Rhône), après une "montée des tensions" dans le quartier. Les quelque 1 000 salariés sont invités à télétravailler ou à se rendre sur d'autres sites Orange.

"Fermer un site pendant quinze jours, pour nous, c'est quand même un événement qui n'est jamais arrivé", souligne Sébastien Crozier. Le site de Saint-Mauront est "un bâtiment dont l'exploitation est essentielle au réseau de télécommunication de Marseille", explique le délégué syndical. À partir de vendredi et jusqu'au 14 décembre, "il n'y a plus de bureaux ouverts en fait, il n'y a plus que les techniciens qui vont faire les raccordements télécoms", rapporte-t-il.

"Depuis trois jours, autour du site de Saint-Mauront se déroule une série d'affrontements entre deux bandes rivales et hier (jeudi) ce sont des détonations ou des coups de feu qui ont été entendus par les salariés", raconte Sébastien Crozier. "Les salariés ont été confinés à plusieurs reprises, il y a des gens qui ne veulent plus revenir", assure le président de la CFE-CGC Orange.

La CGT demande "l'éloignement temporaire des salariés"

D'autres syndicats alertent sur la situation, rapporte ICI Provence (ex-France Bleu). La CFDT a mis en ligne une pétition : "Face à l'insécurité persistante, la CFDT demande l'éloignement temporaire des salariés". La CGT indique avoir déposé un droit d’alerte pour Danger Grave et Imminent (DGI) dès le 25 novembre et demande à la direction de "sécuriser durablement le site".

Contactée par France Inter, la préfecture de police de Marseille affirme de son côté que "sur les 15 derniers jours aucun incident aux abords directs n'est remonté". La police s'est déplacée jeudi après avoir été alertée, mais "sur place, rien n'a pu être confirmé", dit la préfecture. Elle précise que des rondes et patrouilles seront déployées vendredi matin.