« Votes ad hoc » au Parlement, réunions avec les forces politiques et les « partenaires sociaux »… depuis Matignon, Lecornu défend une nouvelle version de sa méthode Coué sur le budget

Lors d’une prise de parole depuis Matignon annoncée à la dernière minute, Sébastien Lecornu a tenté de temporiser, ce lundi 24 novembre, après le rejet dans la nuit de vendredi à samedi dernier du volet recettes du projet de loi de Finances (PLF) par les députés. « Au moment où nous en sommes, c’est relativement normal (…) chacun cherche à pousser ses propres convictions, à poser son propre drapeau idéologique », a minimisé le premier ministre, espérant convaincre qu’« il y a toujours une majorité à l’Assemblée nationale pour permettre de voter un budget pour l’année prochaine ».

« Les parlementaires doivent défendre le parlement », a également enjoint le locataire de Matignon qui juge « stupéfiant d’en voir certains parler déjà d’échec, de loi spéciale, d’ordonnances » alors que son propre gouvernement a lui-même évoqué la possibilité d’une loi spéciale pas plus tard que la semaine dernière.

Rendant responsable du « blocage » la France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), qu’il renvoie une fois de plus dos à dos, tout en épargnant les Républicains (LR) dont le président, l’ex-ministre Bruno Retailleau, a pourtant dénoncé ce week-end le budget comme « le hold-up du siècle », Sébastien Lecornu fait mine – à nouveau – de faire une « proposition de méthode ».

Un « vote ad hoc » du parlement « dans les tout prochains jours »

À cette fin, il a annoncé recevoir à nouveau les représentants des forces politiques du parlement « dans les prochains jours » et réunir les « partenaires sociaux » autour de 5 thèmes : « garder la cible de déficit à moins de 5 % de PIB » (avec, comme toujours, l’accent mis sur la réduction des dépenses plutôt que l’augmentation des recettes) ; la réforme de l’état et la décentralisation (avec la présentation d’un projet loi « dans les temps à venir ») ; l’énergie (afin de « pouvoir prendre des décisions d’ici à Noël »), l’agriculture (en particulier sur l’accord de libre échange avec le Mercosur – objet, encore ce lundi, de mobilisations paysannes – et la future PAC) ; la sécurité et la défense.

Sur ce dernier sujet – alors que le rejet de la partie recettes du PLF implique que celle sur les dépenses n’a pas été abordée en séance à l’Assemblée -, le premier ministre a annoncé un « vote ad hoc » du parlement « dans les tout prochains jours » et qui pourrait en inaugurer une série. Un nouveau tour de passe-passe macroniste pour tenter de camoufler l’impasse sur un premier thème qui ne doit rien au hasard.

Alors que les sorties bellicistes du chef d’état-major des Armées lors du Congrès des maires ont fait polémique la semaine dernière, Sébastien Lecornu enfonce le clou en espérant mettre les forces politiques au pied du mur en les amenant à « dire si oui ou non, elles souhaitent s’engager vers un renforcement de nos armées » via les « 6,7 milliards » de plus que le gouvernement propose.

Avant de partir, une dernière chose…

Contrairement à 90% des médias français aujourd’hui, l’Humanité ne dépend ni de grands groupes ni de milliardaires. Cela signifie que :

  • nous vous apportons des informations impartiales, sans compromis. Mais aussi que
  • nous n’avons pas les moyens financiers dont bénéficient les autres médias.

L’information indépendante et de qualité a un coût. Payez-le.
Je veux en savoir plus