Coupe du monde 2026 : une défense et un milieu stabilisés, des places à prendre en attaque... Où en est la hiérarchie des Bleus à six mois de la liste ?

L'équipe de France a terminé son année 2025, dimanche 16 novembre, avec un succès et une large revue d'effectif contre l'Azerbaïdjan (3-1). Didier Deschamps ne dispose désormais plus que d'une session pour effectuer des tests, en mars, face à des adversaires qui restent à déterminer. Puis, viendra déjà le temps de la liste fatidique pour le Mondial 2026, qu'il dévoilera mi-mai. Si la réalité du mois de novembre n'est jamais exactement la même que celle de l'été suivant, Franceinfo: sport vous propose un baromètre, ligne par ligne, à sept mois du tournoi américain.

Gardiens : un trio clair et établi

Mike Maignan est solidement installé dans les buts de l'équipe de France depuis la retraite de Hugo Lloris début 2023. Si sa vie n'est pas toujours un long fleuve tranquille avec l'AC Milan, à cause de blessures et d'erreurs inhabituelles, Didier Deschamps ne l'a jamais désavoué. Ses performances sous le maillot bleu ne lui ont jamais valu de contestations et il fait partie des leaders vocaux du vestiaire. Ce n'est pas un hasard si le brassard de capitaine lui a été confié lors du rassemblement d'octobre en Islande.

Derrière lui, les deux options se nomment Brice Samba et Lucas Chevalier. Depuis un an, le sélectionneur fait systématiquement appel au même trio. Samba était le n°2 dans la hiérarchie depuis la retraite de Steve Mandanda, mais les performances de Chevalier à Lille ont brouillé les pistes. Le jeune gardien, qui vient de fêter ses 24 ans, brille moins depuis son transfert au PSG cet été, mais Deschamps lui a offert sa toute première sélection en Azerbaïdjan pour le dernier match de l'année, quand l'expérimenté Brice Samba (31 ans) n'a plus joué depuis le 23 mars 2024.

Défenseurs : sept places déjà prises ?

La seule vraie satisfaction de l'Euro 2024 aura été la consolidation de la ligne défensive. Un an et demi plus tard, il semble qu'au moins trois titulaires semblent toujours indiscutables aux yeux de Didier Deschamps. Dayot Upamecano est le premier de ces joueurs. Le défenseur central du Bayern Munich fait désormais partie des meilleurs à son poste. Quand le sélectionneur des Bleus dispose de toutes ses forces, il lui associe généralement William Saliba. C'était le cas lors des trois derniers matchs à enjeux des qualifications pour le Mondial. Ibrahima Konaté apparaît comme une troisième option de luxe en charnière.

Dans le couloir droit, Jules Koundé s'est installé et n'est pas (encore) menacé par les fortes lacunes défensives du FC Barcelone. Malo Gusto a profité des six derniers mois pour s'établir comme le n°2 au poste, tout en offrant un profil plus offensif. A gauche, réside toujours une interrogation sur le titulaire. Lucas Digne semble avoir pris le dessus sur Theo Hernandez, moins performant en sélection depuis l'Euro et parti jouer en Arabie saoudite. Deschamps évoque une "alternance" entre les deux joueurs pour ne pas acter la fin de leur duel.

Sept joueurs se détachent donc. S'ils sont huit à être convoqués pour le Mondial, c'est l'identité du quatrième défenseur central qui reste incertaine. Expérimenté, gaucher et polyvalent, Lucas Hernandez a obtenu la préférence de Deschamps en fin d'année, même s'il n'est pas titulaire avec le PSG. Benjamin Pavard, Loic Badé, Clément Lenglet et Pierre Kalulu ont aussi connu une sélection en 2025, mais uniquement à cause d'une cascade de blessures.

Milieux : cinq joueurs se détachent

Si Didier Deschamps a réduit son nombre de milieux convoqués depuis qu'il a installé un double pivot dans un 4-2-3-1, il a l'habitude d'en convoquer six pour les grandes compétitions internationales. Aurélien Tchouameni est un élément incontournable à ses yeux. Il fait partie des vice-capitaines et a toujours été titularisé dans les matchs importants. Son association avec Manu Koné a été l'une des satisfactions de l'année 2025, avant que le champion du monde N'Golo Kanté ne soit rappelé en novembre, rappelle qu'il toujours aussi performant. Ces trois joueurs, Adrien Rabiot, moins en vue en fin d'année à cause de soucis physiques, et Eduardo Camavinga, qui accélère le jeu en sortie de banc, ont un coup d'avance sur la concurrence.

En vue sur les deux derniers rassemblements, Khéphren Thuram postule aussi à une place dans le groupe, lui qui avait disparu de la sélection après sa première cape début 2023. Warren Zaïre-Emery a lui aussi fait son retour récemment en profitant des absences. S'il n'est pas du tout sûr de faire le déplacement en Amérique du Nord, ses chances sont pour le moment plus grandes que celles d'autres joueurs qui sont de moins en moins convoqués comme Youssouf Fofana, Boubacar Kamara et Mattéo Guendouzi. Enfin, un grand point d'interrogation entoure Paul Pogba, qui n'a plus joué depuis deux ans, mais que Deschamps n'a jamais oublié. 

Attaque : six favoris, huit outsiders

Les derniers rassemblements de l'équipe de France ont brouillé les contours du secteur offensif. Les blessures d'Ousmane Dembélé, de Désiré Doué, de Kylian Mbappé ou encore Marcus Thuram ont poussé Didier Deschamps à puiser un peu plus dans le riche réservoir tricolore. "Il y a beaucoup de joueurs offensifs" qui aspirent à une place dans la liste pour le Mondial, "en comptant les nombreux absents sur ce rassemblement", a prévenu le sélectionneur dimanche. A l'heure actuelle, il existe deux catégories d'attaquants : ceux qui sont sûrs d'être présents s'ils sont à 100% et ceux qui ont des arguments à faire valoir pour une place sur le banc.

Evidemment, Kylian Mbappé fait partie du premier groupe. De retour à son meilleur niveau, le capitaine des Bleus a marqué lors de ses sept derniers matchs avec les Bleus. S'ils sont remis de leur blessure, le Ballon d'or Ousmane Dembélé et le Golden Boy Désiré Doué auront une place importante à ses côtés, au même titre que leur coéquipier à Paris, Bradley Barcola, et le Bavarois Michael Olise. Utilisé comme n°10 par Deschamps, ce dernier a été l'un des meilleurs Bleus en 2025, mais il subsiste un doute sur son positionnement sur le terrain. Rayan Cherki a marqué des points depuis juin et peut aussi occuper le rôle de meneur de jeu, ce qui pourrait pousser Olise à basculer sur l'aile droite, son poste préférentiel.

Derrière ces six éléments, les options sont nombreuses. Hugo Ekitike a changé de dimension en s'engageant à Liverpool et peut jouer à différents postes sur la ligne offensive, ce qui est aussi une qualité de Christopher Nkunku. Maghnes Akliouche s'est signalé par des entrées dynamiques. Deschamps dispose aussi de deux profils physiques et dominant dans les airs avec l'habitué Marcus Thuram et le nouveau Jean-Philippe Mateta. Au moins un des deux devrait figurer dans la liste tant attendue. Un espoir existe aussi pour Florian Thauvin - seul joueur de champ pas utilisé contre l'Ukraine et pas titulaire contre l'Azerbaïdjan -, Kingsley Coman et Randal Kolo Muani, mais ils semblent avoir un temps de retard.