Ubisoft : les trois anciens cadres accusés de harcèlement sexuel et moral fixés sur leur sort ce mercredi

Accusés de harcèlement moral et sexuel, les trois anciens cadres du fleuron du jeu vidéo français s’apprêtent à être fixés sur leur sort avec le délibéré du tribunal correctionnel de Bobigny attendu ce mercredi 2 juillet. Une vague de témoignages anonymes sur Twitter (aujourd’hui X), puis des enquêtes publiées dans le quotidien Libération et le média Numérama avaient révélé l’ambiance toxique érigée en système de management du service éditorial de la société basée à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

Cependant, les victimes et syndicats ont déploré que ni le PDG Yves Guillemot, ni la personne morale d’Ubisoft, ni la responsable des ressources humaines Marie Derain ne soient jugés durant le procès, qui s’est tenu début juin. Ils ont pourtant rendu possibles, estiment-ils, les agissements des auteurs et les ont couverts.

« Il m’a ligotée à une chaise »

Thomas François, le bras droit de l’ancien numéro 2 d’Ubisoft Serge Hascoët a concentré à lui seul le plus d’accusations. Lors des auditions, 23 témoignages ont fait état d’attouchements corporels, 30 ont relaté des propos à caractère sexuel et sexiste non désirés et répétés de sa part, et 24 ont rapporté des agissements sexistes. Enfin, 18 ont décrit des faits de pression morale exercée à l’encontre d’autres salariés.

« Il me badigeonne de coups de feutre partout et m’interdit de sortir me nettoyer », a par exemple témoigné une salariée. Un autre jour, , « il m’a ligotée à une chaise, m’a mise dans l’ascenseur et a appuyé sur le bouton. Il faut imaginer que j’arrive un étage où je ne connais personne », a-t-elle ajouté à propos de celui qui était surnommé Tommy dans l’entreprise.

À la barre, ce dernier a invoqué « la culture Ubisoft » dont il a affirmé ne pas avoir été « l’instigateur ».
Le parquet a pleinement contesté cette position, l’estimant avoir été responsable d’un « harcèlement particulièrement violent, intense, systémique, inscrit dans le temps, avec une multiplicité de victimes ». Trois ans de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende ont été requis contre celui qui était vice-président du service éditorial jusqu’à son licenciement pour faute grave.

Ces propos sexistes, ces bizutages dégradants se sont déroulés à quelques mètres de son bureau vitré, mais Serge Hascoët a affirmé au tribunal n’avoir jamais eu connaissance. Numéro 2 d’Ubisoft en sa qualité de directeur créatif, il a démissionné dès que le scandale a éclaté.

Au cours du procès, le tribunal a pu constater la manière dont le soixantenaire ne séparait aucunement vie privée et vie professionnelle, assignant ses assistantes à des tâches personnelles sans lien aucun avec leurs compétences. Contre lui, le procureur a requis 18 mois de prison avec sursis et 45 000 euros d’amende en raison du harcèlement moral qu’il est accusé d’avoir exercé. En revanche, il a demandé sa relaxe pour les faits de harcèlement sexuel qu’il a estimé comme n’étant « pas suffisamment caractérisé ». Contre Guillaume Patrux, troisième prévenu, le procureur a demandé une condamnation à 15 mois de prison avec sursis et une amende de 10 000 euros.

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