Comment le cambriolage du musée du Louvre a-t-il pu survenir ? C’est la question à laquelle devra répondre Laurence Des Cars, la directrice du musée auditionnée devant le Sénat ce mercredi 22 octobre à 16 h 30, trois jours après le spectaculaire braquage de l’établissement public.
Jugée défaillante et fortement remise en cause par plusieurs sources, l’efficacité du dispositif de sécurité du musée sera au cœur des discussions. Le Louvre, fermé depuis dimanche 19 octobre, a toutefois réouvert ses portes ce mercredi 22 octobre.
Un préjudice financier considérable
Dimanche 19 octobre, entre 9 h 30 et 9 h 37, le Musée du Louvre est le théâtre d’un casse spectaculaire. À l’aide d’un monte-charge, deux personnes grimpent et accèdent à une fenêtre du premier étage qu’ils fracturent à l’aide de disqueuses avant de pénétrer dans la galerie d’Apollon du Musée du Louvre.
Après avoir brisé deux vitrines, ils s’emparent de neuf bijoux exceptionnels datant toutes du XIXe siècle avant de prendre la fuite à bord de scooters par deux autres complices. Le tout en seulement sept minutes et en plein jour.
Parmi les objets dérobés, le collier de la parure de saphirs de la reine Marie-Amélie et de la reine Hortense, composé de huit saphirs et 631 diamants, et le diadème de l’impératrice Eugénie, qui compte près de 2000 diamants, situés dans la galerie d’Apollon (salle 705 du musée).
Mardi 21 octobre, la conservatrice du Musée du Louvre a estimé le préjudice financier du vol à hauteur de 88 millions d’euros, a fait savoir la procureure de Paris Laure Beccuau. Auquel s’ajouter le dommage lié à la valeur historique « inestimable » de ces pièces.
Des objets retrouvés sur place soumis à des analyses
La procureure de Paris Laure Beccuau a également livré des éléments concernant l’enquête en cours. Le véhicule-nacelle qui a servi à commettre le braquage a été volé neuf jours avant par les malfaiteurs via « une pseudo-location sur un prétendu déménagement », a-t-elle précisé.
Par ailleurs, sans compter la couronne de l’impératrice Eugénie, les braqueurs ont abandonné dans leur fuite deux disqueuses, un chalumeau, de l’essence, des gants, un talkie-walkie, une couverture ainsi qu’un gilet jaune et un casque. Les traces d’ADN retrouvées sur ces objets sont en cours d’analyse et pourraient permettre d’identifier les malfaiteurs.
Laure Beccuau a également précisé qu’« une centaine » d’enquêteurs étaient mobilisés à Paris sur ce dossier et les suspects activement recherchés. Pour l’instant, les enquêteurs privilégient la piste d’une équipe de braqueurs d’Île-de-France commanditée par le crime organisé avec une filière de vente et de blanchiment à l’étranger.
Des failles de sécurité béantes
« Est-ce que les dispositifs de sécurité du musée du Louvre ont été défaillants ? Non, ils n’ont pas été défaillants ! C’est une réalité. Les dispositifs de sécurités du musée du Louvre ont fonctionné », a clamé, mardi 21 octobre, Rachida Dati devant l’Assemblée nationale.
Pourtant, l’enquête montre que l’alarme de la plateforme de sécurité Ramsès qui relie le musée au ministère de l’Intérieur n’a été déclenchée qu’à 9 h 37, soit au moment où les braqueurs ont quitté le musée, ce qui leur a permis d’échapper à la police.
Et même si les dispositifs de sécurité ont fonctionné, ils ne sont pas suffisants. Un pré-rapport de la Cour des comptes montre le « retard persistant » pris par le musée dans le déploiement d’équipements destinés à assurer la protection de ses œuvres. « 60 % des salles de l’aile Sully et 75 % pour l’aile Richelieu ne sont pas protégées » par vidéosurveillance, précise-t-elle.
Selon Christian Galani de la CGT Culture, le Louvre « manque aussi d’agents de surveillance, avec 200 emplois supprimés en 15 ans alors que la fréquentation a été multipliée par 1,5 ». En cause, « des budgets insuffisants et peu transparents », affirme-t-il.
Un défaut de sécurité qu’Emmanuel Macron semble lui-même reconnaître. Le chef de l’État a indiqué en Conseil des ministres, ce mercredi, que des « mesures de sécurisation du Louvre étaient en cours de déploiement et il a demandé une accélération de ces mesures », a annoncé devant la presse la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
Avant de partir, une dernière chose…
Contrairement à 90% des médias français aujourd’hui, l’Humanité ne dépend ni de grands groupes ni de milliardaires. Cela signifie que :
- nous vous apportons des informations impartiales, sans compromis. Mais aussi que
- nous n’avons pas les moyens financiers dont bénéficient les autres médias.
L’information indépendante et de qualité a un coût. Payez-le.
Je veux en savoir plus