À peine le conclave sur les retraites enterré par un échec, le gouvernement repart à la charge. La conférence pour définir l’avenir de notre système social, annoncé en mai par le président Macron, aura bien lieu prochainement, a confirmé ce 29 juin, la ministre en charge du Travail et de l’Emploi, Astrid Panosyan-Bouvet.
« Nous préparons actuellement une grande conférence sociale rassemblant responsables politiques, économistes et partenaires sociaux, pour tracer collectivement l’avenir de notre modèle », a-t-elle indiqué dans un entretien au Journal du dimanche (JDD), invitant à « un débat national lucide, sérieux, apaisé », alors que la Sécurité sociale s’apprête à fêter son 80e anniversaire.
Saucissonner la Sécurité sociale
Emmanuel Macron avait déjà ouvert la porte à des financements alternatifs aux cotisations sociales, dont le patronat réclame la baisse au nom de la compétitivité. En mai, le président avait ainsi plaidé pour « un modèle social qui soit moins financé par le travail et davantage sur d’autres facteurs, en particulier la consommation », relançant la piste d’une hausse de la TVA.
Dans son entretien au JDD, la ministre du Travail estime aussi que parmi les trois questions qui, selon elle, devront être abordées lors de la conférence nationale, figurent celle du « périmètre de ce que nous souhaitons continuer à financer par le travail » et celle d’un « financement alternatif » si « certaines charges ne sont plus portées par le travail ». Pour y répondre elle évoque une autre piste promue par une partie du patronat, celle d’un découpage de la protection sociale qui couvre actuellement l’ensemble des besoins, en critiquant le financement par les cotisations « des risques dits universels, santé dépendance famille ».
La capitalisation revient par la petite porte
La ministre remet aussi sur la table l’idée du développement de la retraite par capitalisation. « Un autre acquis du conclave est d’avoir aussi dédramatisé la capitalisation comme complément de la répartition. Quinze millions de Français y ont déjà recours, privé ou collectif. Les conditions sont réunies pour un débat plus serein à l’avenir », a-t-elle ainsi déclaré au JDD. Suite à ces débats, les syndicats participants avaient, au contraire, dénoncé « l’intransigeance du patronat et son incapacité à rechercher un compromis ».
La discussion sur les sources alternatives de revenus, qui déjà mettent à mal le modèle de la Sécurité sociale et de ses différentes branches, s’accompagne d’une remise en cause discrète du périmètre de protection. Ainsi, pour Astrid Panosyan-Bouvet, le premier sujet de discussion à avoir lors de la conférence à venir doit être « le niveau global de protection sociale. Où placer le curseur entre solidarité nationale et responsabilité individuelle ».
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