« Flotte fantôme russe » : ce que l’on sait du pétrolier repéré au large de Saint-Nazaire après l’arrestation de deux membres d’équipage

Des suites dans l’affaire du pétrolier repéré au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Après que le navire a été arraisonné, deux membres d’équipage se présentant « comme le commandant et son second », ont été placés en garde à vue par les gendarmes dans le cadre d’une enquête pénale, a annoncé mercredi 1er octobre le procureur de Brest Stéphane Kellenberger.

Le « Pushpa » – également appelé « Boracay » – a été visé par des sanctions européennes en février pour son appartenance à la « flotte fantôme » russe. Voilà ce que l’on sait sur ce navire de 244 mètres de long.

Une enquête suite à plusieurs « délits maritimes »

Pour son appartenance à la flotte utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole, le navire est sous sanctions européennes. Mais le Canada, la Suisse, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni ont également décidé de lui imposer des sanctions. Le « Boracay » a changé de nom et a été immatriculé successivement au Gabon, aux îles Marshall ou en Mongolie, selon la base de données en source ouverte OpenSanctions.

Le parquet de Brest a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête sur le pétrolier à la suite de « délits maritimes », signalés lundi par le préfet maritime de l’Atlantique. Ces infractions, à savoir un « défaut de justification de la nationalité du navire/pavillon » et un « refus d’obtempérer », sont passibles d’un an de prison et 150 000 euros d’amende, selon le parquet. Le procureur a confié les investigations à la gendarmerie maritime.

C’est dans le cadre de cette enquête que deux membres d’équipage ont été placés en garde à vue. Mercredi 1er octobre dans l’après-midi, des images aériennes tournées par l’Agence France Presse au large de Saint-Nazaire montraient des militaires cagoulés présents sur le pont du navire.

Ce même jour, le président Emmanuel Macron a évoqué une « opération très importante » de la marine, en marge d’un sommet européen à Copenhague. « Les équipes d’intervention ont agi en temps et en heure », a-t-il déclaré, en affirmant : « Il y a eu des fautes très importantes qui ont été commises par cet équipage qui justifient d’ailleurs que la procédure soit judiciarisée aujourd’hui ».

Un lien possible avec le survol de drones au Danemark

Sur l’éventuel lien entre ce navire et le récent survol de drones au Danemark, Emmanuel Macron a toutefois indiqué mercredi : « Je resterai très prudent ». Pour autant, le site The Maritime Executive affirme que le navire a pu servir de « plateforme de lancement » ou comme « leurre » dans les récents survols de drones qui ont perturbé le trafic aérien danois.

Selon une analyse AFP des données du site maritime spécialisé VesselFinder, le pétrolier a navigué au large des côtes danoises entre le 22 et le 25 septembre, lorsque le pays enregistrait les survols. Dans les détails, le 22 septembre, premier jour de survol mystérieux de drones au-dessus d’aéroports danois, le navire arrive au large de la Pologne et la Suède, puis des côtes danoises. Le 23 septembre vers 5 heures, il est repéré au sud de l’île danoise de Lolland, avant de naviguer vers le détroit du Grand Belt, qui longe le Danemark continental.

Le 25 septembre dans la nuit, il se trouve à quelque 160 kilomètres à l’ouest du Danemark, avant de mettre le cap à 14 h 35 vers le canal de la Manche pour rejoindre l’Atlantique et poursuivre sa route vers le sud. Le 29 septembre à 2 heures, il change complètement de direction et se dirige vers les côtes françaises où il s’arrête au large de Saint-Nazaire. Le média franceinfo a rappelé que le pétrolier a tout de même pris soin de rester à un peu plus de 12 miles nautiques des côtes, soit la limite des eaux territoriales françaises.

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