La pression états-unienne s’accentue sur le Groenland. Donald Trump et son équipe « discutent de plusieurs options pour remplir cet objectif important de politique étrangère, et bien sûr, utiliser l’armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef », a déclaré à l’Agence France-Presse la porte-parole du Président des États-Unis.
Donald Trump « a fait savoir clairement qu’acquérir le Groenland était une priorité de sécurité nationale pour les États-Unis et c’est vital pour tenir en respect nos adversaires dans la région arctique », a également relayé Karoline Leavitt. Dimanche 4 janvier, le président aux velléités impérialistes avait déjà déclaré devant des journalistes à bord d’Air Force One : « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », promettant de « s’occuper » du territoire autonome danois « dans environ deux mois », voire « dans 20 jours ».
Invasion ou achat ?
Selon Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, les États-Unis ne veulent pas vraiment envahir le Groenland, mais ont plutôt l’intention de l’acheter. Parmi les options envisagées, un « pacte de libre association » qui permettrait aux forces armées étasuniennes d’agir librement sur l’île arctique, et à cette dernière d’échapper aux droits de douane américains. Plusieurs fois, le Groenland, soutenu par sa puissance de tutelle danoise, a répondu ne pas être à vendre et décider seul de son avenir.
Directement concernée, la première ministre danoise semble la seule à nommer clairement les choses : « Si les États-Unis décident d’attaquer militairement un autre pays de l’Otan, tout s’arrêterait, y compris l’Otan et donc la sécurité d’après-guerre. » « Il ne s’agit pas seulement d’un conflit avec le Royaume du Danemark (…), mais bien avec l’Europe toute entière », a assuré Mette Frederiksen à la télévision DR. Le Groenland et le gouvernement danois ont appelé à des pourparlers rapides avec Marco Rubio, espérant dissiper des « malentendus ».
La Commission européenne s’est de son côté contentée de réagir mollement : « Le Groenland fait partie du Danemark, et toute modification de son statut relève de la seule décision des Groenlandais et des Danois. » Des pays nordiques à Paris, le Danemark a reçu un soutien diplomatique mais aucun engagement militaire tangible.
Déploiement militaire légal ?
Donald Trump pourrait déployer des militaires aux Groenland sans passer par une invasion massive. En 1951, le Danemark a accepté de signer un accord de défense très favorable aux États-Unis, autorisant Washington à installer au Groenland des bases militaires et à déployer ses navires dans les eaux territoriales. En 2004, une mise à jour de cet accord, conclue avec la participation du Groenland, acte le repli militaire des États-Unis, mais laisse la possibilité d’un redéploiement américain à la seule condition d’en informer le Danemark et l’île arctique.
Si les enjeux groenlandais et le contexte de l’île arctique sont bien différents de ceux du Venezuela, la récente attaque du pays d’Amérique Latine et le kidnapping de son dirigeant rendent les menaces contre le territoire autonome danois bien plus inquiétantes.
Être le journal de la paix, notre défi quotidien
Depuis Jaurès, la défense de la paix est dans notre ADN.
- Qui informe encore aujourd’hui sur les actions des pacifistes pour le désarmement ?
- Combien de médias rappellent que les combats de décolonisation ont encore cours, et qu’ils doivent être soutenus ?
- Combien valorisent les solidarités internationales, et s’engagent sans ambiguïté aux côtés des exilés ?
Nos valeurs n’ont pas de frontières.
Aidez-nous à soutenir le droit à l’autodétermination et l’option de la paix.
Je veux en savoir plus !