L’intervention militaire des États-Unis au Venezuela ne compromet pas seulement l’obtention du prix Nobel de la paix par Donald Trump : elle a clairement enterré l’ordre international qui prévalait depuis 1945. Un basculement s’est opéré, pour consacrer la primauté de la loi du plus fort.
« Bien évidemment, l’ordre multilatéral était déjà moribond depuis un bon moment. Sa déliquescence – et celle d’organisations comme l’ONU – avait commencé dès les années 1990. Donald Trump n’en est pas responsable. Il n’aura fait que précipiter le mouvement. Et il en a signé, avec l’enlèvement de Nicolas Maduro, le samedi 3 janvier 2026, l’arrêt de mort officiel », résume Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis.
Deux jours après l’enlèvement du président du Venezuela, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni lundi, à la demande de Caracas. Les Nations unies ont réitéré la prééminence des règles de leur Charte, qui fondent le droit international. « Il est important de respecter des principes de souveraineté, d’indépendance politique et d’intégrité territoriale des États », a insisté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui redoute qu’un tel acte de guerre ne provoque « l’instabilité du pays ». Il s’est également inquiété de son « impact potentiel sur la région » comme du « précédent que cela peut représenter pour la façon dont les relations entre États sont conduites »....