Quand l’Humanité interrogeait, en novembre dernier, le président de l’Institut cubain d’amitié avec les peuples, Fernando González, sur ce dont l’île communiste pouvait s’attendre avec le retour du républicain Donald Trump au pouvoir, sa réponse était franche que directe. « Quatre années de politiques encore plus dures à l’encontre de Cuba ; il tentera sûrement par tous les moyens de continuer à limiter au maximum le peu de marge de manœuvre dont nous disposons pour rester à flot économiquement », augurait cet ancien des « Cinq de Miami ».
Moins d’un an plus tard, force est de constater que la prévision était juste, et si les récentes pannes de courant confirment une dégradation de la situation sur place, le gouvernement dirigé par le président Miguel Díaz-Canel présente désormais des détails chiffrés de l’impact du blocus imposé par Washington à La Havane sur la dernière année.
Le numéro un de la diplomatie cubaine a en effet présenté mercredi 17 septembre son nouveau rapport, rédigé cette année suite à la résolution 79/7 « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique » adoptée par l’écrasante majorité des pays membres des Nations unies lors de son Assemblée générale le 30 octobre 2024. Lors d’une conférence de presse, le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez a indiqué qu’entre mars 2024 et février 2025, le blocus aurait causé des dommages et préjudices estimés à 7,5 milliards de dollars, soit une hausse de 2,5 milliards de dollars (+ 49 %) par rapport à la période précédente « en raison des mesures supplémentaires de durcissement appliquées au cours des 12 derniers mois ».
80 % des Cubains n’ont jamais connu leur pays sans blocus
Pour le ministre, pas de doute : « le PIB (de Cuba) aurait augmenté de 9,2 % au cours de l’année dernière sans le durcissement du blocus », a-t-il assuré, en dénonçant le rôle de « principal obstacle à la reprise de l’économie cubaine » que joue celui-ci. Et de fustiger « les conséquences dramatiques » auxquelles la population est confrontée.
« Il est impossible d’exprimer en chiffres les dommages émotionnels, l’angoisse, les souffrances et les privations que le blocus inflige aux familles cubaines », a-t-il exprimé en rappelant que plus de 80 % des Cubains n’ont jamais connu leur pays sans cette politique imposée unilatéralement, de façon coercitive et extraterritoriale, par les États-Unis, c’est-à-dire en dehors de tout respect du droit international et des principes de la Charte des Nations Unies.
Dans le document de 44 pages remis à la presse internationale, Cuba souligne que l’objectif de l’administration étasunienne reste inchangé, à savoir « renverser le gouvernement révolutionnaire cubain ». Pour La Havane, le blocus économique, commercial et financier constitue la colonne vertébrale de sa « politique de pression maximale sur l’île, laquelle vise à asphyxier son économie, à engendrer des carences et à provoquer du mécontentement qui déclencherait un soulèvement social », et en définitive un changement de régime.
Énergie, santé, transports, éducation… Le ministère des affaires étrangères apporte dans son rapport plusieurs exemples des carences créées par Washington. Ainsi, douze jours de blocus équivaudraient au financement annuel requis « pour la maintenance du système d’électricité nationale » ; six jours à celui nécessaire « pour importer le matériel médical jetable et autres réactifs dont a besoin le système de santé national pendant une année » ; et deux jours au « coût de la maintenance des transports en commun du pays pendant une année ».
Au total, le blocus imposé depuis le début des années 1960 à Cuba aurait causé 170 milliards de dollars de pertes pour la nation caribéenne.
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