Les « Caprices de Marianne » et « Maupassant Inside » se partagent la scène des Gémeaux Parisiens

Déjà son esprit bat la campagne, et sa vision est très affectée. Bientôt, le 6 juillet 1892 dans la clinique psychiatrique du docteur Blanche, Guy de Maupassant va mourir. Victime d’une syphilis grave et incurable. Un mois plus tard, il aurait eu 43 ans. Sur la scène du nouveau théâtre des « Gémeaux parisiens », l’excellent Jean-Pierre Bouvier incarne l’écrivain malade et Vanessa Cailhol, sa partenaire, représente, avec ce qu’il faut d’espièglerie, les femmes qu’il a tant aimées.

Pour ce « Maupassant Inside » la mise en scène d’Anne Bourgeois est justement sobre, laissant toute sa place au texte de Gérard Savoisien à qui l’on devait déjà, parmi ses nombreux textes, une « Folie Maupassant », créée an 2021 à Avignon, et interprétée déjà par Jean-Pierre Bouvier. De Maupassant, Émile Zola dira dans son éloge funèbre que, « en dehors de sa gloire d’écrivain, il restera comme un des hommes qui ont été les plus heureux et les plus malheureux de la terre ». Ce qui est un bon résumé.

Trois semaines ou une année

Ce « Maupassant inside » est, parmi d’autres pièces, à l’affiche de cette salle des « Gémeaux parisiens », rénovée après plus d’un an de travaux. Parmi les autres spectacles qui y sont proposés tous les soirs, notons par exemple un classique d’Alfred de Musset assez peu représenté aujourd’hui, « Les caprices de Marianne ». La mise en scène est de Philippe Calvario. Zoé Adjani (nièce de…) campe une Marianne assez contemporaine, bien que la pièce conserve la charge de son époque (1833). Sont présents à ses côtés, Philippe Calvario, Mikaël Mittelstadt (ou Pierre Hurel) Hameza El Omari, Delphine Rich et Christof Veillon.

C’est en septembre dernier que se sont rouvertes les portes de cette salle de 300 places, anciennement connue sous le nom de théâtre de Ménilmontant, fermé depuis six ans. Le lieu, remis à neuf, est désormais co-dirigé par Nathalie Lucas et Serge Paumier. Le duo anime aussi depuis trois saisons les Gémeaux d’Avignon. Mais avec une notable différence, explique Serge Paumier, « Le Off d’Avignon c’est trois semaines, Paris c’est toute l’année ».

Le co-directeur ajoute : « Nous sommes le seul théâtre privé dans ce secteur de l’est parisien, où l’on dénombre plusieurs espaces publics réputés comme « La Colline ». » Les Gémeaux parisiens en quelques mois ont constitué un réseau d’habitués. « Ce n’est pas encore facile tous les jours, mais pour nous c’est un challenge dont nous sommes fiers, car c’est sans doute plus facile de reprendre des salles du centre, comme l’ont été récemment le « La Bruyère » le « Saint-Georges » ou le « Rive gauche » », ajoute en souriant Serge Paumier. Les 12e, 13e, 19e et 20e, arrondissements de la capitale regroupent 800 000 habitants.

Quant à la programmation, qui a débuté à l’automne passé avec huit spectacles, elle va s’étendre « au musical, aux comédies intelligentes, sans oublier le classique et le contemporain », se réjouit Serge Paumier. Il ajoute « la volonté de travailler avec des gens qui veulent vraiment faire avancer la société. Le théâtre doit y contribuer, et nous en avons vraiment besoin ». Le projet est ambitieux et il mérite le détour.

« Maupassant inside » et « Les caprices de Marianne » jusqu’au 30 avril. Les Gémeaux Parisiens, 15 rue du Retrait Paris 20e ; téléphone : 01 87 44 61 11 ; www.theatredesgemeauxparisiens.com

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