Budget de la Sécurité sociale : Edouard Philippe recommande aux députés Horizons de s'abstenir mardi lors du vote sur l'ensemble du texte

"Je ne suis pas un artisan du chaos". Le patron d'Horizons, Edouard Phillippe, recommande aux 34 députés de son groupe de s'abstenir lors du vote sur l'ensemble du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) mardi à l'Assemblée nationale."Ce texte ne nous satisfait pas et nous ne pouvons pas le voter", a justifié le maire du Havre, interviewé lundi 8 décembre sur LCI.

"Je respecte les convictions des socialistes" mais "le compte n'y est pas", a estimé l'ancien Premier ministre, fidèle à la ligne qu'il défend depuis plusieurs semaines. "Je n'ai jamais voulu que le gouvernement de Sébastien Lecornu tombe", a-t-il poursuivi, alors que l'adoption de ce texte budgétaire est très incertaine.

De son côté, le patron du PS Olivier Faure a appelé ses députés à voter pour le projet de budget de la Sécurité sociale, menacé de rejet par les refus de LR et d'Horizons de le soutenir. De son côté, le gouvernement a multiplié les gestes pour tenter de convaincre, notamment les Ecologistes.

Marine Tondelier sceptique 

La ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé avoir déposé un amendement pour augmenter l'objectif des dépenses de l'assurance maladie "de 2 à 3%". L'objectif de 2% était jugé insuffisant par beaucoup, notamment la gauche, pour suivre les dépenses nécessaires à l'hôpital comme à la ville.

Mais les écologistes, qui doivent se réunir mardi matin en réunion de groupe pour arrêter leur position de vote, ont accueilli cette annonce avec prudence. "J'ai l'impression que les écologistes comptent pour le gouvernement depuis à peu près trois jours", a critiqué sur BFMTV lundi soir la patronne du parti, Marine Tondelier.

Elle s'est également interrogée sur la hausse annoncée par la ministre : "Est-ce que c'est vraiment de l'argent en plus pour les hôpitaux ?", alors que la ministre a déclaré qu'elle était faite notamment pour "rendre compte du fait qu'il n'y aura pas de hausse des franchises médicales" en 2026.

L'avenir du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a renoncé à recourir au 49.3 pour faire adopter le texte sans vote, pourrait dépendre du scrutin de mardi. Même si la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a jugé qu'une démission "n'aurait pas de sens".