Place à la 9e journée de Top 14, samedi 1er et dimanche 2 novembre. Il s'agit de la dernière journée de championnat avant une pause internationale et la tournée d'automne pour l'équipe de France. L'occasion d'un premier bilan, avec deux équipes déjà distancées en bas de tableau : le promu, Montauban, 13e, et Perpignan, dernier avec zéro point. Zéro point inscrit, c'est du jamais vu à ce stade de la compétition.
Jamais, dans l'histoire du Top 14, une équipe n'avait réalisé un début de saison aussi catastrophique. D'où la colère de certains supporters de Perpignan, qui, le week-end du 25 et 26 octobre dernier, en jetaient leur drapeau sang et or à terre. Dans le même temps, le manager Franck Azéma, écarté depuis, confiait son impuissance : "On n'arrivait pas à sortir, ça c'est sûr, On n'arrive pas à s'accrocher."
Alors, le fameux électrochoc du changement d'entraîneur peut-il avoir lieu ? L'USAP compte actuellement 18 points de retard sur le 12e du championnat. Montauban n'est guère mieux, à déjà 11 longueurs du maintien. Malgré tout, son manager Sébastien Tillous-Borde veut encore y croire. "On a un groupe qui est estampillé Pro D2, qui n'a pas été changé. On n'a eu que deux recrues après le titre, rappelle-t-il. S'il y en a qui se découragent, j'arrête d'entraîner. Que disent les médias ? Ils ont peut-être raison, ils ont peut-être tort", ajoute-t-il, évasif.
"Le cochon est dans le maïs"
Mais pour beaucoup, et pour reprendre une vieille expression du rugby, "le cochon est dans le maïs". Cela sent le roussi pour les deux équipes, avec un élément intangible : un problème de budget. Montauban est de loin le club le moins bien armé financièrement, avec 14 millions d'euros cette année, soit presque quatre fois moins que Toulouse, le leader. Perpignan est à seulement 23 millions d'euros.
Il est difficile de lutter dans ces conditions, reconnaît le consultant rugby de franceinfo, Guy Accoceberry : "Oui, c'est inquiétant. Si on continue comme ça, c'est sûr que le fossé va se creuser. Le championnat est de plus en plus dur avec ces doublons. On sait que certaines équipes n'auront pas leurs internationaux, donc elles recrutent. Et c'est ça qui crée aussi des disparités entre certaines équipes, qui, comme Toulouse, ont trois équipes, d'autres qui en ont deux et des équipes comme Montauban, Perpignan, qui en ont tout juste une".
Vers un Top 12 ?
Alors refait surface le débat d'un championnat resserré à 12 équipes. Pour Guy Accoceberry, la formule aurait de nombreux avantages : "Ça permettrait quand même aux joueurs d'avoir des plages de repos. Ça éviterait ces doublons qui sont catastrophiques. Une journée de championnat le même jour que le match de l'équipe nationale, je trouve ça aberrant".
Cette fameuse période de doublons débute dès la 9e journée, puisque 23 joueurs du XV de France n'ont pas le droit de jouer avec leur club, protégés pour préparer le match face à l'Afrique du Sud, samedi 8 novembre prochain.