Plus que quelques jours de patience avant que la justice n’ouvre, peut-être, la voie la réparation d’une discrimination historique et de grande ampleur chez Safran Helicopter Engines. Le 9 octobre prochain, la cour d’appel de Pau pourrait exiger de l’entreprise qui emploie 3 000 personnes à Bordes en Béarn et 1 500 à Tarnos dans les Landes qu’elle rende publique les fiches de paie et contrats de travail de ses salariés.
Une demande des organisations syndicales afin de pouvoir prouver la discrimination salariale qui vise les femmes de ce groupe depuis, au moins, les années 1980. Une ordonnance du 7 novembre 2024, exigeait déjà la transparence sur sa politique salariale de la part de l’entreprise, mais celle-ci avait fait appel de ce premier jugement. Si celui-ci est confirmé, Safran devra non seulement s’exécuter et transmettre ces documents, mais le groupe pourrait écoper d’une amende reconductible pour discrimination avérée.
Un manque à gagner de 200 000 euros pour une carrière féminine…
Les syndicats considèrent que depuis les années 1980 chez Turboméca, puis Safran, les femmes étaient embauchées à une catégorie inférieure à celle des hommes alors mêmes qu’ils et elles étaient titulaires du même BTS. À diplôme équivalent (BAC + 2), la différence du salaire d’embauche est de 300 euros nets par mois entre les hommes et les femmes. Un écart qu’on ne rattrape jamais dans une carrière.
Ce différentiel est évalué, toujours par les syndicats, à 200 000 euros sur toute une vie de travail. Sans parler des conséquences sur les retraites des unes et des autres. Les femmes sont embauchées dans la catégorie « employée ». Les hommes au rang de « techniciens ». 500 femmes concernées environ par cette discrimination présumée, pour un préjudice total qui pourrait atteindre les 100 millions d’euros.
Cette disparité salariale est un vieux sujet de discussion entre les syndicats et la direction. Et toutes les négociations ont échoué. Une action de groupe a donc été engagée. Si elle aboutit, toutes les femmes concernées pourront se joindre aux syndicats pour demander des rattrapages.
Aux côtés de celles et ceux qui luttent !
L’urgence sociale, c’est chaque jour la priorité de l’Humanité.
- En exposant la violence patronale.
- En montrant ce que vivent celles et ceux qui travaillent et ceux qui aspirent à le faire.
- En donnant des clés de compréhension et des outils aux salarié.es pour se défendre contre les politiques ultralibérales qui dégradent leur qualité de vie.
Vous connaissez d’autres médias qui font ça ?
Je veux en savoir plus !