Microsoft supprime 200 emplois en France et mise sur l’intelligence artificielle plutôt que sur l’humain

Chez Microsoft, le credo, c’est tout pour l’intelligence artificielle générative. Les équipes qui n’y sont pas dédiées se voient supprimées ou sérieusement réduites. C’est ainsi qu’il faut comprendre le nouveau plan de suppression de 9 000 postes dans le monde en cours, qui devrait toucher 200 personnes en France.

« Nous ajustons nos effectifs afin de répondre aux exigences prévisionnelles stratégiques et business, améliorer l’efficacité opérationnelle tout en positionnant l’entreprise pour une croissance à long terme », a déclaré le géant des logiciels dans un communiqué.

Une source syndicale de l’entreprise nous explique : « Microsoft essaie de faire atterrir une organisation du travail théorique, tournée vers l’IA, le Cloud, avec le réel ». Résultat, dans l’accord négocié par les syndicats, il y a beaucoup de mobilité interne, avec des formations prévues et quelques départs négociés.

Les équipes qui faisaient de l’informatique à l’ancienne se voient « redimensionnées ». « Ce n’est pas comparable au plan de départ de 2023 (déjà sous la forme d’une rupture conventionnelle collective, NDLR) il s’agissait purement et simplement de réduire les effectifs » poursuit le syndicaliste.

Les investissements dans l’IA pour justifier ces suppressions de poste

Ces « redimensionnements » ont cependant de quoi provoquer la colère des salariés. L’annonce en juillet de ces 9 000 postes supprimés à travers le monde intervient après une précédente en mai concernant 6 000 postes et 10 000 il y a deux ans. Tout cela alors que le patron, Satya Nadella, vient de se vanter auprès des actionnaires d’avoir dépassé les 100 milliards de dollars de bénéfices nets sur l’année fiscale.

La direction de Microsoft justifie ses choix par 80 milliards d’investissements de plus cette année, uniquement pour l’intelligence artificielle générative. La multinationale propose Copilot, une IA basée sur ChatGPT, et ses serveurs Azure hébergent et font tourner l’IA d’OpenAI et le Chat de Mistral. Soit en cumulé plus de 90 % du marché de l’IA générative.

« Il y a énormément d’applications possibles de l’intelligence artificielles, qu’on propose et qui existent souvent depuis plus longtemps que l’IA générative, comme la reconnaissance de formes, la maintenance prédictive, la gestion améliorée des stocks… Mais l’IA générative est la tête de gondole, la technologie qui a le vent en poupe, c’est aussi ce que réclament les actionnaires, comme c’était le cas avant pour l’internet des objets, la blockchain, le métavers… » Explique notre source syndicale.

20 à 30 % du code écrit par de l’IA

Une autre déclaration de Satya Nadella a fait jaser, quand le patron a assuré que 20 à 30 % du code de programmation interne à Microsoft était désormais écrit par de l’IA. Voilà qui peut avoir de sérieuses conséquences sur l’emploi. « Il y a toujours besoin d’un contrôle humain, tempère le syndicaliste. Mais il est vrai qu’il faut s’interroger sur l’avenir des développeurs juniors, qui génèrent du code basique, sans grande valeur ajoutée en sortant de l’école d’ingénieur. Il faut réfléchir à transformer leur rôle, car on a besoin que ces juniors deviennent des séniors ». Il en va de l’image de la société : de quoi aurait-elle l’air, commercialement, si le principal hébergeur d’intelligences artificielles génératives se lançait dans une casse sociale massive à cause des produits qu’il vend ?

L’autre problème est que cette tête de gondole nécessite des investissements colossaux. Là encore, pour maintenir le cours de Bourse – Microsoft est la deuxième plus grosse capitalisation mondiale derrière Nvidia – il faut avoir les modèles d’IA générative les plus importants, avec toujours plus de paramètres que le concurrent.

« Nvidia a aussi une responsabilité là-dedans, fournissant des nouveaux processeurs toujours plus chers, plus puissants, qu’il faut acheter en plus grand nombre que le voisin… Et toujours plus consommateurs en énergie », déplore le syndicaliste. Il alerte : « Avec l’IA générative, on touche réellement du doigt les limites planétaires, le maximum d’électricité qu’on peut consommer. Les Pays-Bas ne peuvent plus construire de Data Center, faute de pouvoir les alimenter. »

Ainsi si Microsoft réduit certaines équipes, il recrute des ingénieurs en nucléaire, parce que le géant doit acheter des centrales pour alimenter ses centres de données.

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