« Traite d’êtres humains », « homicide involontaire », mise en danger d’autrui, ou encore aide au séjour irrégulier… Les chefs d’accusation étaient multiples. Suite au naufrage d’une embarcation surchargée dans la Manche qui avait fait huit morts – quatre personnes ont été portées disparues, et quatre sont décédées, dont une seule a été identifiée – dans la nuit du 13 au 14 décembre 2022, neuf passeurs kurdes et afghans ont été condamnés, ce lundi 30 juin, à Lille. Alors que le parquet avait requis jusqu’à 8 ans de prison, trois des prévenus, dont un est jugé par défaut, ont écopé de cette peine, les six autres ont été condamnés à 7 ans de prison. Ces peines ont été assorties d’amendes individuelles allant de 50 000 à 100 000 euros et d’une interdiction de territoire français pour chacun.
Une dizaine de jours plus tôt, les prévenus avaient comparu, du 16 au 20 juin, devant la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Lille. Les têtes du réseau manquaient toutefois sur le banc des accusés, rapportait le quotidien Le Monde. Cette décision est rendue dans un contexte de violation permanente des droits humains sur le littoral du Nord de la France. 89 exilés y sont morts en 2024, selon le comptage de l’association présente sur place l’Auberge des migrants. Un recensement qui inclut également les décès à terre.
Le canot a fait naufrage à quelques kilomètres des eaux anglaises
Selon les témoignages des rescapés, l’embarcation avait pris la mer à Ambleteuse (Pas-de-Calais), en dépit d’une eau très agitée et glaciale et des craintes de passagers qui ont entendu une détonation synonyme de crevaison. Les passeurs leur auraient dit de ne pas s’en faire et qu’il s’agissait du seul bateau disponible pour eux. Mais après une ou deux heures de traversée, un boudin a commencé à se dégonfler.
De l’eau est entrée dans l’embarcation, jusqu’à atteindre les genoux des passagers, selon les éléments de l’enquête. Le fond du canot, peu solide, a ensuite ployé et tous se sont retrouvés immergés. Certains n’avaient pas de gilet de sauvetage, dans une mer à 10-11 degrés. Le naufrage a eu lieu à quelques kilomètres des côtes anglaises. 39 personnes originaires d’Afghanistan, Inde ou Albanie ont été repêchées par les secours français et anglais.
Dans ce dossier, la procureure avait pointé le « trafic extrêmement lucratif » d’une « organisation criminelle », avec un paiement moyen de 3 500 euros par passager. La magistrate avait relevé les conditions à haut risque pour un bateau « complètement inadapté à la navigation en haute mer ».
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