Un ministre de l’Économie et des Finances ne devrait pas dire ça. Apprenant la semaine dernière la progression de 0,2% du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre selon l’Insee, Bruno Le Maire a fait ce commentaire narquois: «À tous ceux qui veulent faire croire que notre économie est à l’arrêt: les faits sont têtus. La croissance française progresse. C’est un nouveau signe qui traduit la solidité de notre économie.» Vraiment?
Non seulement une telle croissance est en soi maigrichonne (0,8% en rythme annuel), mais cette performance, assimilée un peu vite à de la «résilience», est liée au déficit public qui, tel un crédit, dope la demande. Ce déficit a atteint - personne ne peut l’ignorer - 5,5% du PIB en 2023 au grand dam de Bruno Le Maire lui-même! «Dieu se rit des hommes qui chérissent les effets dont ils déplorent les causes», devrait-on dire au ministre, en parodiant la formule attribuée à Bossuet.
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Même pâlichonne, la croissance de l’économie française se fait donc à crédit…