REPORTAGE. "On a beaucoup d'espoir" : ces Roumains célèbrent l'élection du candidat pro-européen Nicusor Dan à la tête du pays

Maintenir le cap européen ou se tourner vers l'extrême droite : les Roumains, nombreux dimanche aux urnes pour élire leur président, ont choisi la première option en donnant la victoire au maire centriste de Bucarest. Alors que peu auraient parié sur lui il y a deux semaines, Nicusor Dan, 55 ans, a recueilli près de 54 % des suffrages, après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins, un résultat accueilli dans la liesse à son quartier général. "Habemus Nicusor", lancent certains, hilares, reprenant le fameux "Habemus papam" du Vatican.

Les militants de Nicusor Dan, rassemblés devant la mairie de Bucarest, drapeaux européens en main, exultent quand le maire devenu président s’adresse à la foule : "C'est la victoire de milliers et de milliers de gens qui ont cru que la Roumanie pouvait changer dans la bonne direction". Quelques instants plus tard, c'est en français qu'il glisse quelques mots à la presse : "On doit continuer la direction occidentale de la Roumanie, réformer l'État roumain, on doit réduire la corruption... il y a besoin de l'effort de la société pour tout cela", assure ce brillant mathématicien qui a fait ses études en France avant de devenir un militant anticorruption.

"Il est sincère, je lui souhaite bonne chance..."

Reste que le pays est face à une société fracturée, cinq mois après l’annulation du scrutin de novembre et la montée de l’extrême droite. Ada, ingénieure de 27 ans, se dit aujourd'hui rassurée par l’arrivée au pouvoir du maire de Bucarest : "On a beaucoup d'espoir et on est super heureux. Il est sincère, je lui souhaite bonne chance...", sourit-elle.

Oana, 44 ans, est venue avec des amis fêter la victoire, soulagée que l’ultranationaliste George Simion ne prenne pas la tête du pays. "Nous avons gagné, et je crois que nous avons gagné la guerre pour nos enfants et pour notre avenir. C'est absolument le choix de la Roumanie, c'est le choix courageux. Pour le moment, c'est fini."

Après avoir crié à la fraude, le candidat souverainiste George Simion a fini par féliciter son adversaire. Tout en promettant de "poursuivre le combat".