Nouvelle grève des enseignants, audition à l’Assemblée : Amélie Oudéa-Castéra joue sa survie politique

La journée pourrait être décisive pour l’avenir d’Amélie Oudéa-Castéra. La ministre de l'Éducation et des Sports, dont le maintien est incertain dans le cadre du remaniement à venir, affronte une nouvelle grève mardi des enseignants et sera auditionnée dans l'après-midi à l'Assemblée nationale.

Depuis quelques jours, la rumeur court d'un retour de François Bayrou au gouvernement, à un ministère qu’il connaît bien pour avoir été à sa tête de 1993 à 1997. Sur le plateau de France 2 lundi soir, le principal intéressé ne l'a pas démenti. Interrogé sur un possible retour au gouvernement, François Bayrou a répondu : « Je n'écarte jamais rien. Le principe, pour moi, précisément parce que vous êtes engagés, c'est de ne jamais rien écarter ». «Je pense qu'il y a un très grand trouble dans l'Éducation nationale, pas depuis ce mois-ci, depuis des années ». Et «c'est un secteur, vous savez à quel point j'y crois, à quel point je donnerais pour qu'on retrouve le moral, l'équilibre, l'envie d'enseigner sans trouble dans notre pays, et (pour) la réussite de l'enseignement », a encore dit le président du MoDem. « C'est probablement le sujet le plus important, ou un des sujets les plus importants que nous ayons à régler », a-t-il insisté. Lundi, le maire de Pau a été personnellement relaxé dans l'affaire des assistants parlementaires du MoDem.

Manifestation à 14 heures

Après une journée d'action qui a mobilisé jeudi un enseignant sur cinq, selon les chiffres du ministère de l'Éducation, les syndicats Snes-FSU (principal syndicat dans les collèges et les lycées), CGT et SUD ont appelé à une nouvelle grève pour défendre les salaires et s'opposer à la politique éducative au collège. Une manifestation est prévue à 14H00 à Paris, au départ de la place de la Sorbonne (5e arrondissement), en direction du ministère de l'Éducation.

Dans le viseur des syndicats: l'application pour l'année scolaire prochaine des réformes du «choc des savoirs», annoncées par Gabriel Attal lorsqu'il était ministre de l'Éducation - avant son départ à Matignon - pour relever le niveau des élèves, et notamment la mise en place des groupes de niveau en français et en mathématiques en classes de 6e et 5e.

Les textes officiels mettant en place ces groupes de niveau au collège seront présentés jeudi au Conseil supérieur de l'Éducation (CSE, instance consultative rassemblant la communauté éducative). Plus largement, les syndicats Sud Éducation, Unsa Éducation, FSU, Sgen-CFDT et CGT Educ'action ont appelé à une «semaine d'actions du 5 au 9 février» pour «défendre l'école publique, exiger l'ouverture de discussions immédiates sur les salaires ainsi que l'abandon des mesures ’’chocs des savoirs’’».

L'avenir d'Amélie Oudéa-Castéra tient à un fil

Confrontée à des polémiques à répétition depuis sa nomination le 11 janvier, Amélie Oudéa-Castéra devra aussi répondre mardi aux questions des députés de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation de l'Assemblée nationale sur son action, lors d'une audition à 16H30. L'exécutif s'apprête à nommer cette semaine une nouvelle liste de ministres délégués et secrétaires d'État qui compléteront les 14 ministres déjà en exercice, et l'avenir du maintien d'Amélie Oudéa-Castéra rue de Grenelle tient à un fil.

La ministre «a la confiance» d'Emmanuel Macron et de Gabriel Attal, a assuré dimanche la ministre chargée des Relations avec le Parlement, Marie Lebec. Mais le maintien à son poste interroge au sommet de l'État. Au Parlement, «la grande majorité des députés (Renaissance) l'ont lâchée et pensent que c'est fini», rapporte un élu du parti présidentiel, mais «la psychologie» du président sur ce sujet reste «insondable».