Les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff en tête, doivent venir mardi 2 décembre à Moscou pour rencontrer une nouvelle fois Vladimir Poutine. Objectif pour les envoyés de Washington : trouver un terrain d'entente avec Moscou qui puisse aboutir à un plan de paix en Ukraine.
Un point semble particulièrement bloquant. La Russie veut que soit reconnue sa souveraineté sur les territoires ukrainiens qu'elle occupe et ne semble absolument pas disposée à négocier quoi que ce soit. D'ailleurs, vu de Moscou, la cause est entendue : les régions ukrainiennes de Donetsk, Lougansk, Kherson et Zaporijjia font bien partie de la Russie.
Des cartes aux "nouvelles frontières"
Illustration dans cette grande librairie de la capitale. Si vous souhaitez acheter une carte de la Russie, "elles ont toutes les nouvelles frontières", précise d'emblée la vendeuse. Les cartes en vente en Russie aujourd'hui incluent en effet les territoires occupés inscrits dans la constitution russe. Et lorsque l'on demande à des Russes, dans la rue, ce qu'ils pensent des négociations en cours et du statut de ces régions, les réponses sont limpides. "Le Donbass doit rester russe. Il était russe et doit rester russe", lance, par exemple, un passant.
Depuis des mois, voire des années pour la Crimée, le pouvoir martèle que ces régions font partie de la Russie. Dans les écoles maternelles, on voit par exemple des enfants colorier des cartes de la Russie avec les territoires ukrainiens. La semaine dernière, devant une assemblée de plusieurs centaines de jeunes, le réalisateur Nikita Mikhalkov, Lion d'or à Venise, oscarisé et grand prix à Cannes, devenu l'un des plus fervents supporters du régime, affirmait également ceci : "Aujourd'hui, dans le Donbass, se joue le destin de notre pays."
L'Ukraine, "un pays artificiel"
Les jeunes Russes entendent ce refrain à longueur de journée. Les nouveaux manuels d'histoire de Terminale expliquent par exemple que l'Ukraine est "un pays artificiel". Une idée souvent développée par Vladimir Poutine et reprise par Ilya, cet homme âgé d'une soixantaine d'années, croisé dans la rue.
"J'ai vécu sous l'Union soviétique. Quand l'URSS existait, il n'y avait pas de problème. La Russie a été divisée en quinze Républiques, elle est devenue faible et maintenant tout le monde veut la détruire."
Ilyaà franceinfo
Vladimir Poutine l'a admis la semaine dernière lors d'une conférence de presse, la question de la reconnaissance des territoires occupés sera centrale lors de sa rencontre cette semaine avec les émissaires américains. Il sait qu'il n'obtiendra rien de l'Ukraine sur ce point, car il s'agit bien d'une ligne rouge pour Kiev. Le président russe ne désespère pas de convaincre Washington, mais, quand bien même y parviendrait-il, la paix ne serait pas proche pour autant. Ni l'Ukraine, ni les Européens ne semblent pouvoir accepter cette exigence.