Contre l’accord UE-Mercosur, la Confédération paysanne appelle à se mobiliser, ce mardi 14 octobre, à partir de l’esplanade des Invalides à Paris. Cette entente commerciale validée par la Commission européenne au début du mois de septembre est « une énième attaque à la souveraineté alimentaire des peuples et à la nécessaire protection du revenu des travailleurs et travailleuses », tranche le troisième syndicat agricole en France, dans un communiqué.
Parmi la quarantaine de signataires figurent les organisations telles que Foodwatch France, ATTAC ou bien encore les Amis de la Terre. « Nous appelons l’ensemble des paysan.nes français à se soulever contre ces politiques ultralibérales appliquées au secteur agricole », lance l’organisation syndicale dans son appel.
Par ailleurs, la manifestation vise également à soutenir deux manifestants qui ont été poursuivis suite à une action syndicale de la Confédération paysanne au Grand Palais contre ce traité de libre-échange.
« Une énième attaque à la souveraineté alimentaire des peuples »
L’accord UE-Mercosur, approuvé le mercredi 3 septembre par la Commission européenne, doit encore être signé par les États membres. Le texte prévoit de réduire les droits de douane européens pour certains produits sud-américains : viande bovine, porc, volaille, miel, sucre, riz…
Ainsi, 99 000 tonnes de bœuf et 180 000 tonnes de volaille sud-américaines pourraient se frayer un chemin jusqu’aux étals du Vieux Continent, à des tarifs préférentiels. Le miel, le sucre et l’éthanol sont aussi concernés par l’allégement des droits de douane.
En contrepartie, le pacte doit ouvrir le marché sud-américain à des produits européens aujourd’hui très taxés comme l’alcool, le chocolat, le malt, l’huile d’olive, le lait en poudre ou bien le fromage.
« C’est une énième attaque à la souveraineté alimentaire des peuples et à la nécessaire protection du revenu des travailleurs et travailleuses », estime la Confédération paysanne dans son communiqué.
Des risques environnementaux
D’autant que d’autres problématiques sont aussi à prendre en compte, comme le manque de contrôle. C’est ce qu’explique l’économiste Stefan Ambec (Inrae- Toulouse School of Economics), coauteur d’un rapport d’évaluation de l’impact du traité, publié en 2020. « En théorie, la viande traitée par exemple aux hormones de croissance ne peut entrer mais, en pratique, la traçabilité est imparfaite », estime-t-il. « Il y a des audits d’abattoirs organisés avec la Commission, mais on ne suit pas facilement le bétail avant cette étape », à part en Uruguay, ajoute-t-il.
L’Agence France-Presse rappelle qu’à la fin de l’année 2024, un audit de l’UE a révélé des failles dans les contrôles de la viande bovine au Brésil et notamment dans « la fiabilité des déclarations sous serment des opérateurs » sur les hormones interdites en Europe.
Stefan Ambec note également que les gains économiques attendus par le texte ne permettent pas de compenser ses coûts environnementaux, identifiant des « garanties relativement fragiles » en matière de respect des engagements environnementaux.
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