François Bayrou juge « insultante » la polémique sur le coût du chantier de son bureau à 40 000 euros à Pau

Dans une interview publiée dimanche sur le site internet du quotidien régional Sud Ouest, François Bayrou a vivement répondu à un article de Mediapart révélant le montant de ce chantier à venir, une dépense jugée politiquement inflammable dans un contexte ou François Bayrou s’apprête à remettre en jeu l’existence de son gouvernement avec un vote de confiance prévu le 8 septembre et les appels à la mobilisation du 10.

« Tout ceci est complètement dingue ! À l’hôtel de ville, on a refait tous les bureaux, toutes les salles de réunion, la salle des mariages, etc. Le seul bureau qui n’a pas été fait, parce que j’ai souhaité que les autres aient la priorité, c’est celui du maire. Un bureau qui a plus de trente ans et qui tombe en ruines », a déclaré le Premier ministre, jugeant cette polémique « insultante ».

Un chantier à 4,6 millions d’euros

Selon les chiffres transmis à l’AFP par la mairie de Pau, ces 40 000 euros correspondent à « la dernière phase de travaux très importants démarrés en 2017 ». L’hôtel de ville, bâtiment néoclassique du XIXe siècle inscrit aux Monuments historiques depuis 2017, a fait l’objet d’une « requalification des façades » et d’une modernisation de l’accueil et de plusieurs services. Les travaux du bureau du maire, qui n’ont « pas débuté », consistent en une « réfection mineure », précise la mairie, qui souligne que leur montant ne représente que 0,88 % du chantier d’un coût total de 4,61 millions d’euros TTC.

« Il y a des problèmes électriques importants, le plancher a été dissimulé sous du stratifié, il faut tout reprendre. (…) Quand on a tout essayé pour abattre quelqu’un, on va chercher des choses dérisoires, et honteuses », a-t-il lancé.

En mai, il s’en était déjà pris à Mediapart, qui avait largement couvert l’affaire des violences physiques et sexuelles au collège-lycée de Bétharram. « Je ne lis pas Mediapart, c’est une hygiène personnelle », avait alors déclaré le Premier ministre devant la commission d’enquête parlementaire créée après le scandale.

Oui, on s’en doute : vous en avez assez

Voir ces messages d’appel au don, ça peut être pénible. Nous le savons. Et on doit bien vous avouer que nous préférerions ne pas avoir à les écrire…

Mais voilà : c’est crucial pour l’Humanité. Si ce titre existe toujours aujourd’hui, c’est grâce au financement régulier de nos lectrices et lecteurs.

  • C’est grâce à votre soutien que nous pouvons exercer notre métier avec passion. Nous ne dépendons ni des intérêts d’un propriétaire milliardaire, ni de pressions politiques : personne ne nous dicte ce que nous devons dire ou taire.
  • Votre engagement nous libère aussi de la course aux clics et à l’audience. Plutôt que de chercher à capter l’attention à tout prix, nous choisissons de traiter les sujets que notre rédaction juge essentiels : parce qu’ils méritent d’être lus, compris, partagés. Parce que nous estimons qu’ils vous seront utiles

À l’heure actuelle, moins d’un quart des lectrices et lecteurs qui viennent plus de 3 fois sur le site par semaine nous aident à financer notre travail, par leur abonnement ou par leurs dons. Si vous voulez protéger le journalisme indépendant, s’il vous plaît, rejoignez-les.