Crise agricole : "On peut manifester, mais on ne peut pas bloquer Paris", avertit la ministre de l'Agriculture

"On peut manifester mais on ne peut pas bloquer Paris, on ne peut pas bloquer Rungis, on ne peut pas dégrader", prévient la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, sur franceinfo, mercredi 7 janvier, alors que plusieurs convois de tracteurs se dirigent vers la capitale pour porter les "doléances" des agriculteurs, à l'appel de la Coordination rurale.

Dans de nombreuses régions, les préfectures ont pris des arrêtés pour interdire ou fortement restreindre la circulation des tracteurs. Interrogée à ce propos, Annie Genevard assure qu'il "ne s'agit pas de piloter politiquement la crise agricole" mais, selon elle, on "n'organise pas une manifestation sans se coordonner avec les pouvoirs publics". Les responsables de la Coordination rurale "n'ont pas voulu, n'ont pas souhaité le faire", regrette-elle.

La ministre évoque aussi une période "particulièrement" délicate, avec la neige et le verglas sur les routes qui compliquent déjà la circulation dans une majeure partie de la France.

"Tant qu'un combat n'est pas achevé, il n'est pas perdu"

Les agriculteurs se mobilisent pour contester la stratégie gouvernementale contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), mais aussi à propos de la politique agricole commune (PAC) européenne et contre l'accord de libre-échange avec les pays d'Amérique du Sud du Mercosur. Sur ce dernier point, Annie Genevard estime que "tant qu'un combat n'est pas achevé, il n'est pas perdu".

La signature de cet accord est prévue lundi prochain, le 12 janvier, au Paraguay. Ce mercredi après-midi, les ministres de l'Agriculture des 27 pays de l'UE sont attendus à la Commission européenne, à Bruxelles, pour une réunion spéciale. "Nous nous battons contre" le projet d'accord avec les pays du Mercosur "parce qu'il expose des filières sensibles : le bœuf, le poulet, le sucre, l'éthanol, le miel... Donc, il est dangereux pour certaines de nos filières", martèle la ministre.

Annie Genevard assure que "ce n'est pas la fin de l'histoire", même si un accord est signé, "après, ce sera l'affaire des parlementaires" et "il n'est pas du tout garanti que l'accord soit validé par le Parlement européen". La ministre promet de "sensibiliser" les eurodéputés sur les intérêts de la France.