"On aura peut-être perdu des troupes mais on arrivera dans Paris pour porter nos doléances", promet mercredi 7 janvier sur France Inter le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau. "On y arrivera", insiste-t-il, alors que la circulation de convois de tracteurs et engins agricoles a été interdite dans plusieurs régions par arrêtés préfectoraux. Bertrand Venteau a appelé les agriculteurs à "monter" à Paris jeudi pour protester notamment contre la politique du gouvernement concernant la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins et contre le traité de libre-échange avec le Mercosur.
Certains convois ont été "bloqués" mais "de toute façon on arrivera", assure Bertrand Venteau, précisant que "la Loire est passée pour ceux qui viennent du Sud". "S'il faut qu'on finisse même en sous-marin par la Seine, on va y arriver, on aura peut-être perdu des troupes, mais on arrivera dans Paris sur des lieux symboliques pour porter nos doléances", insiste-t-il.
La bataille contre le Mercosur est "perdue"
Le président de la Coordination rurale s'étonne d'un "tel déploiement" des forces de l'ordre pour "des gens qui veulent uniquement travailler" et manifester de manière "pacifique", assure-t-il. "Ce n'est pas la bonne méthode", dit-il. "On n'est pas là pour tout casser", assure-t-il.
"On veut pouvoir rentrer pacifiquement dans Paris pour aller porter nos doléances au niveau de l'Assemblée nationale et du Sénat, et puis mettre un petit coup de pression au Premier ministre. Mais en aucun cas, on veut dégrader. "
Bertrand Venteau, président de la Coordination ruraleà franceinfo
Parmi ces doléances, il y a "la vaccination généralisée" contre la dermatose, "l'arrêt des abattages" de tout le troupeau dès qu'un cas est détecté, "un moratoire sur tout ce qui est réglementaire", "un arrêt des contrôles" liés à la politique agricole commune (PAC) et de l'Office français de la biodiversité (OFB) dans les fermes "jusqu'à la présidentielle" et "une grande réflexion sur la fiscalité" qui concerne les agriculteurs. Il demande que "l'État nous aide au lieu de nous entraver en permanence, c'est insupportable ce que subit la profession agricole dans ce pays", dit-il.
Interrogé sur le Mercosur, Bertrand Venteau estime que la bataille contre ce traité est "perdue". "Ce qui va être affiché, ça va être des mesures soi-disant pour faire de la rétorsion mais ça ne marchera pas", dit-il, militant pour "un protectionnisme intelligent de la France au niveau agricole et également au niveau européen." "Aujourd'hui, il faut se protéger comme les grandes puissances. La France doit retrouver sa splendeur agricole et l'Europe également. Aujourd'hui, on est des parents pauvres des négociations mondiales", estime-t-il.