Les témoignages sont glaçants. Une enquête menée Par NousToutes en collaboration avec Disclose publiée ce samedi 15 novembre démontre et analyse les violences sexistes et sexuelles commises par des agents de police dans l’exercice de leurs fonctions.
Le collectif a recueilli 207 témoignages de violences entre juin et octobre 2025 de victimes, témoins ou proches, via un questionnaire. Bien que l’enquête soit à petite échelle et n’ait pas vocation à produire un échantillon représentatif, elle montre une surreprésentation des femmes et des personnes issues d’une minorité parmi celles et ceux qui s’y expriment.
Un profil de victimes et d’agresseurs
Quant au profil des agresseurs, la majorité (48,9 %) exerce dans la police nationale, les autres dans la gendarmerie ou la police municipale. Dans environ neuf cas sur dix, l’agresseur est un homme.
Parmi les 207 témoignages recueillis, la majorité vient de femmes, de personnes non-binaires ou d’hommes trans. Et l’enquête montre que plus d’une victime sur trois est racisée et/ou précaire et/ou privée de papiers et/ou trans et/ou handicapée et/ou grosse et/ou lesbienne et/ou travailleuse du sexe.
« Lors d’un contrôle, un policier homme a touché mon entrejambe pour vérifier que je n’étais pas un homme, alors que la policière femme avait déjà vérifié via ma carte d’identité et une fouille corporelle », raconte une victime. Le rapport met en lumière l’intersectionnalité des violences qui touchent des victimes souvent issues d’une ou plusieurs minorités.
Maëlle Noir, membre de NousToutes, souligne que le nombre de témoignages récoltés pendant l’étude est probablement bien en dessous de la réalité. « La peur de l’uniforme, de l’arme et la culture d’impunité empêchent beaucoup de victimes de prendre la parole », déplore-t-elle.
Et d’ajouter : « NousToutes est un collectif mainstream blanc, ce qui fait qu’on a du mal à atteindre les personnes les plus touchées par les violences policières, notamment les hommes racisés. »
Une majorité de violences sexuelles
Parmi les témoignages recueillis, 60 % relatent des violences sexuelles dont 11 % de viols et 25 % de harcèlement sexuel (dont chantage, abus de pouvoir, envoi de photos ou messages à caractère sexuel). L’enquête documente pour la première fois les violences autres que sexuelles ou physiques que des personnes ont subies. Ainsi, des victimes affirment avoir fait l’objet de « pression dans le cadre d’un dépôt de plainte pour viol », de « moqueries lors d’une plainte pour agression », ainsi que d’accusation de mensonges, voire de « vouloir ruiner la carrière de (l’)agresseur ».
Certains membres des forces de l’ordre se rendent ainsi complices des agresseurs et utilisent leur fonction pour empêcher le bon déroulement de l’enquête, voire usent de « manipulation et de harcèlement moral » pour que la victime retire sa plainte. « Usage de sa fonction pour complicité avec ex-conjoint harceleur : espionnage et piratage de réseaux, refus de prendre mes plaintes etc. », rapporte l’un des témoins.
Et le contexte dans lequel s’exercent ces violences ajoute à l’insupportable. 42 % des faits interviennent lorsque les victimes viennent chercher de l’aide auprès de la police ou de la gendarmerie (35 % lorsque le dépôt de plainte ou de main courante concerne justement des faits de violence).
Face aux résultats de son enquête, le collectif Nous Toutes appelle à une prise de conscience générale sur ces violences et leur caractère intersectionnel. À cette fin, un nouveau plan de politique publique féministe, avec un volet sur les violences policières, est en cours de préparation, en collaboration avec d’autres associations. « L’omerta autour des violences sexuelles et sexistes policières est très présente mais elle se fissure petit à petit. Il faut continuer », conclut Maëlle Noir.
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