Il n'y a pas besoin de compétences particulières pour enseigner la vie à un robot. Il suffit de savoir accomplir les tâches ménagères du quotidien : plier une chemise, vider un lave-vaisselle ou encore faire fonctionner un four micro-ondes.
L'idée est de lui montrer, des centaines de fois, un geste précis pour qu'il puisse ensuite le reproduire, un jour, au service d'une famille dans une maison.
L'école des robots
En pratique, pour les aider à apprendre, ces entraîneurs de robots se retrouvent dans de grands espaces. Pour l'instant, cela se passe surtout en Chine. Il s'agit de sortes de hangars remplis de tables de travail, où un humain travaille avec un robot humanoïde muni de bras et de mains articulés.
L'humain est lui aussi équipé : masque de réalité virtuelle, joysticks ou gants électroniques. Chacun de ses mouvements est alors transformé en données informatiques. Le travail consiste donc à aider le robot à mimer à la perfection un geste humain. Par exemple, lorsque l'humain se penche vers une tasse de café et la saisit délicatement par l'anse avec ses doigts, chacun de ses gestes est décomposé en une multitude de micromouvements.
Cerveau collectif : la ruche des humanoïdes
Ces mouvements deviennent ensuite des données : quelle pression appliquer pour ne pas casser la tasse, sous quel angle approcher l'anse ? Toutes ces informations sont enregistrées dans le "cerveau" du robot, qui transmet ensuite des ordres à ses dizaines de petits moteurs pour tenter de reproduire le geste humain. Les coachs humains répètent cette formation jusqu'à ce que le robot puisse tout manipuler sans commettre d'erreurs.
Chaque robot n'apprend, avec son formateur humain, que quelques manipulations. Ensuite, il partage toutes ses données dans une sorte de "cerveau collectif", auquel sont connectés tous les autres robots de l'entreprise.
Ainsi, tous les robots savent automatiquement ce que chacun d'entre eux a appris individuellement. C'est pourquoi ces centres de formation sont en réalité conçus comme de véritables usines à datas : les entreprises y accumulent des données pour être les premières, d'ici deux ou trois ans, à commercialiser des robots capables d'accomplir toutes les tâches ménagères.