Au cœur de l’Alsace, Colmar est une ville fleurie et agréable, dotée d’un arrière-pays riche de découvertes. Située à proximité de l’Allemagne, pas très loin de la Suisse, entre Strasbourg et Mulhouse et à 2 h 30 de Paris depuis la gare de l’Est, cette cité embrasse plus de mille ans d’histoire européenne à travers un héritage patrimonial et culturel des plus remarquables.
Le quartier Centre est le coin historique et touristique de la ville : classé depuis de nombreuses années, il englobe l’ensemble du vieux Colmar, où l’on aime se perdre dans les ruelles anciennes aux belles maisons médiévales à colombages, et le long des canaux comme ceux de la Lauch, dans la Petite Venise. Nous passons par la Grand-Rue. Voici, place de la Cathédrale, l’église gothique Saint-Martin, bâtisse du XIIIe siècle en grès rose des Vosges, rare et superbe.
La fameuse maison des Têtes
Plus loin, l’église protestante Saint-Matthieu ne passe pas inaperçue elle non plus : deux clochers et un clocheton métallique carré, six travées de deux bas-côtés, un large chœur doté d’une impressionnante abside à cinq pans et treize fenêtres. Sa construction fut terminée en 1292 et il s’agit du seul vestige du couvent des Franciscains. C’est dans ce périmètre que se trouvent les principales attractions touristiques et culturelles de la ville et les incontournables bâtiments historiques. Et ça tombe bien, car c’est là que nous allons, pour admirer une demeure très étonnante, la maison des Têtes.
Situé au 19, rue des Têtes, à 15 minutes à pied de la gare, l’imposant bâtiment est un monument historique sans égal. Tout en pur style Renaissance allemande, la maison des Têtes fut construite en 1609 pour le compte d’un riche marchand, un certain Anton Burger, qui fut Stettmeister (maire) de Colmar de 1626 à 1628.
Comment Anton Burger eut-il l’idée de démolir la maison de son père pour faire construire sur le site celle que nous contemplons aujourd’hui ? Cela reste un mystère. Elle est attribuée à l’architecte Albert Schmidt, qui est également l’auteur de l’ancien presbytère protestant dite maison des Arcades de la Grand-Rue, ainsi que de la maison dite des Chevaliers de Saint-Jean, sise rue Saint-Jean, qui vaut elle aussi le détour et où nous ne manquerons pas d’aller.
La maison des Têtes doit son nom, depuis 1974, aux 106 têtes ou masques grotesques qui ornent sa riche façade : deux étages carrés, séparés par des bandeaux, et trois niveaux sur un pignon décoré de volutes et d’ailerons. Il est surmonté de la statue d’un petit tonnelier en étain, œuvre du sculpteur Auguste Bartholdi – un enfant du pays devenu célèbre – datant de 1902 et répondant à une commande de la Bourse aux vins, qui avait pris ses quartiers dans l’immeuble en 1898 et qui est toujours propriétaire des lieux. On sait les Alsaciens attachés à leur patrimoine.
Une étoile au prestigieux Guide Michelin
La maison, qui avait fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques dès 1898, a été restaurée en 2012. Une manière de reconnaître sa beauté et son originalité. Au centre du bâtiment, un étonnant oriel de trois étages, sorte de fenêtre en encorbellement, s’élève, muni d’un garde-corps délicatement ajouré en pierre et orné de figures bifides. Surprenant et impressionnant. À noter également les meneaux des fenêtres, de largeurs différentes et aux placements verticaux parfois très irréguliers.
Fier de sa maison, Anton Burger y fit poser ses armoiries à deux reprises sur la façade, sur le pignon à volutes et au-dessus du portail, ainsi que les armes de son épouse, Anne Ortlieb, originaire, elle, de Riquewihr. Mais la Contre-Réforme catholique le fit fuir à Bâle où il demeura finalement loin de sa maison, jusqu’à la fin de ses jours. La bâtisse imposante passa alors de main en main jusqu’à ce qu’elle soit acquise par la Bourse aux vins.
À la fin du XIXe siècle, la maison des Têtes se transforma en restaurant. Elle abrite aujourd’hui une brasserie soignée servant une cuisine traditionnelle autour des fameuses et nombreuses spécialités régionales, mais aussi un restaurant gastronomique récompensé en 2017 par une étoile au prestigieux Guide Michelin. Passons le portail d’entrée sans craindre ces monstres assis qui nous regardent, pour une halte détente et plaisir bien méritée avant de repartir explorer, encore, le cœur d’une ville marquée par son histoire.
Office de tourisme de Colmar, place Unterlinden, 68000 Colmar, tél. : 03 89 20 68 92.
Canaux, têtes et colombages
Commune de départ : Colmar (Haut-Rhin). Type de balade : pédestre. Difficulté : facile. Durée : 25 minutes + visites. Distance : 2 km.
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- Le quartier de la Petite Venise : probablement la zone la plus pittoresque de Colmar, avec ses maisons colorées à colombages bordant les canaux.
- L’ancienne douane (Koïfhus) : ce bâtiment du XVe siècle était autrefois le centre économique de Colmar. Il incarne l’histoire commerciale de la ville et son toit en tuiles vernissées est typique de l’architecture alsacienne.
- L’Église Saint-Matthieu : cette ancienne église franciscaine achevée à la fin du XIIIe siècle impressionne par sa sobriété gothique.
- La maison des Têtes : lieu emblématique de la ville, cette bâtisse est un chef-d’œuvre de la Renaissance allemande.
- La rue des Marchands et la maison Pfister : cette rue piétonne est un concentré de charme alsacien, avec ses maisons à colombages, ses boutiques d’artisans et ses façades fleuries.
- Le parc du Champ-de-Mars : l’endroit parfait pour une pause détente après une journée de visite
Avant de partir, une dernière chose…
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