Abattage d’un olivier rendant hommage à Ilan Halimi : deux hommes interpellés et placés en détention provisoire dans l’attente de leur procès en octobre

Près de deux semaines après l’abattage à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) d’un olivier planté en 2011 en mémoire d’Ilan Halimi, jeune juif torturé à mort en 2006, les suspects ont été interpellés, lundi 25 août, selon Hervé Chevreau, maire Divers droite de la commune. Les deux hommes, des frères jumeaux, ont été déférés mercredi en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Bobigny où l’affaire a été renvoyée au 22 octobre, a indiqué le parquet. Dans l’attente de leur procès pour destruction de bien aggravée et violation de monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion, les deux jeunes âgés de 19 ans ont été placés en détention provisoire, selon une source judiciaire citée par l’AFP.

En s’appuyant sur les caméras de vidéosurveillance extérieures au jardin d’Alcobendas, où l’olivier était planté, le maire a indiqué qu’un homme portant un sac à dos s’y était introduit le 15 août à 1 h 50 alors que le parc ferme à 21 h 30. Les deux suspects, de nationalité tunisienne et sans-domicile-fixe, ont été arrêtés sur les lieux et ont été identifiés grâce à leur ADN, selon les informations du magazine Paris Match. « Selon une source proche de l’enquête, l’ADN se trouvait sur une pastèque que les jumeaux auraient laissée sciemment sur les lieux de leur forfait », précise l’article qui ajoute que « selon la même source, les deux frères auraient des antécédents judiciaires de vols et de violences ».

Séquestré et torturé par « le gang des barbares »

Citoyen français de confession juive, Ilan Halimi, 23 ans, avait été séquestré et torturé en janvier 2006 à Bagneux (Hauts-de-Seine) par un groupe d’une vingtaine de personnes qui se faisaient appeler le « gang des barbares », sous la direction de Youssouf Fofana. Découvert nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, le jeune homme était mort pendant son transfert à l’hôpital un peu moins d’un mois plus tard.

Après l’abattage de l’olivier, le président de l’établissement public territorial Plaine Commune Mathieu Hanotin, auquel appartient Épinay-sur-Seine, a condamné « un acte de vandalisme portant atteinte à la mémoire collective de ce meurtre antisémite ». Il s’est engagé dans un communiqué « à ce qu’un nouvel arbre commémoratif soit replanté dans les meilleurs délais ».

Le jour où l’arbre a été retrouvé abattu par des agents territoriaux, le président Emmanuel Macron avait écrit : « Abattre l’arbre rendant hommage à Ilan Halimi, c’est chercher à le tuer une deuxième fois. Il n’en sera rien : la Nation n’oubliera pas cet enfant de France mort parce que Juif. Tous les moyens sont déployés pour punir cet acte de haine ».

Par ailleurs, deux autres arbres plantés en hommage à Ilan Halimi, dont l’un portait sa photo, avaient été sciés en 2019 à Sainte-Geneviève-des-Bois, où il avait été retrouvé agonisant au bord d’une voie ferrée. D’autres arbres avaient été replantés.

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