Prime de Noël : "C’est ignoble", réagit Manuel Bompard (LFI) alors que le gouvernement prévoit de la supprimer pour certains allocataires

"On ne leur verse pas des millions, on leur donne 150 euros au moment de Noël pour pouvoir acheter des cadeaux pour leurs enfants ou pour leurs neveux, réagit, mardi 4 novembre, sur franceinfo Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône et coordinateur de La France insoumise alors que le gouvernement prévoit, dans le cadre des discussions sur le budget de l’État pour 2026, de supprimer la prime de Noël versée aux personnes qui touchent le RSA et aux chômeurs en fin de droits, sans enfants. "C’est ignoble", ajoute-t-il. 

" Ça veut dire que ces gens-là ne pourront plus donner un coup de main à leur neveu ou à leur nièce. Même s’ils n’ont pas d’enfant, ils ont une famille quand même." Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, s’est défendu mardi sur France Inter en affirmant que "la générosité qu’on a connue pendant des décennies est peut-être arrivée à son terme".

L'appel à une "bifurcation économique" du gouvernement

Manuel Bompard réaffirme son opposition à ce budget : "Je vais faire le maximum pour le combattre et pour l’empêcher, parce qu’il est injuste socialement." Il appelle à une "bifurcation économique" de la part du gouvernement. "Non seulement ce budget est injuste d’un point de vue social, mais en plus il nous amène dans le mur d’un point de vue économique", assure-t-il. "Madame de Montchalin dit : 'Vous voulez faire dérailler le budget', mais elle est en train de faire dérailler le pays", dénonce-t-il.

L'élu insoumis entend également "battre" le budget de la Sécurité sociale dont l'examen s'ouvre mardi à l’Assemblée nationale. "Le budget de la Sécurité sociale que Madame de Montchalin propose, c’est aussi celui qui fait sept milliards d’économies dans les dépenses de santé. Il prévoit également le doublement des franchises médicales", ajoute-t-il.

"Je suis pour réduire ce déficit [de la Sécurité sociale], mais par le rétablissement des recettes qui ont été supprimées ces dernières années."

Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise

franceinfo

Interrogé sur la suspension de la réforme des retraites, le député LFI a dénoncé les intentions du gouvernement. Lors de l’examen en commission du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, les députés ont adopté, vendredi soir, l’article prévoyant une modification du calendrier d’application de la réforme de 2023 concernant l’âge d’ouverture des droits à la retraite : "Ça ne s’appelle pas une suspension de la réforme des retraites, ça s’appelle un décalage d’un an de l’entrée en vigueur de la retraite à 64 ans. Ça s’appelle une esbroufe, pas un progrès", réagit le coordinateur LFI.

Le député s’est adressé aux socialistes, qui s'étaient engagés à ne pas renverser d'emblée le gouvernement en échange de cette suspension de la réforme des retraites : "Prenez acte de l’impasse dans laquelle vous vous êtes mis et sortez de ce bourbier." Et selon lui, la seule "manière de sortir de ce bourbier, c’est de censurer immédiatement le gouvernement". "On est prêts, évidemment, à déposer une motion de censure dès lors que les socialistes nous disent 'Maintenant on va censurer'. Je ne vais pas déposer une motion de censure pour rire", explique-t-il.