"Les trois prochaines semaines vont être déterminantes", estime Benoît Roussel, maire d'Arques (Pas-de-Calais), sur ICI Nord vendredi 9 janvier, alors qu'Arc France, fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, a été placé mercredi en redressement judiciaire.
"Il n'y a pas le choix, il faudra déposer une offre d'ici à la fin du mois, et cette offre, il faut qu'elle soit au plus juste", ajoute le maire d'Arques, où "presque 3 600 familles ont un CDI et vivent grâce à cette industrie du verre". Les candidats ont jusqu'au 28 janvier pour déposer leurs offres au tribunal de commerce de Lille Métropole. Ce dernier rendra sa décision début mars.
Il va falloir "redimensionner le site", prévient un potentiel repreneur
Timothée Durand, 49 ans, membre de la famille anciennement propriétaire d'Arc où il a passé l'essentiel de sa carrière jusqu'en 2024, s'est porté candidat à la reprise, sans détailler son offre. "C'est quand même assez rare aujourd'hui qu'il y est déjà une offre en préparation sur la table lorsque le tribunal de commerce prononce l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire", salue Benoît Roussel. L'édile estime ça positif "le fait qu'il y ait une personne qui s'appelle Timothée Durand, qui y croit et qui souhaite présenter une offre pour faire en sorte qu'on puisse encore produire du verre à Arc et utiliser le savoir-faire de générations et de générations de verriers, les meilleurs verriers du monde".
Il faudra "redimensionner le site" a prévenu Timothée Durand à l'issue d'une réunion à Bercy jeudi, précisant que son projet a pour but de concentrer "la production sur un des deux fours". "On sait que le dimensionnement actuel ne va pas permettre au site de poursuivre", reconnaît Benoît Roussel, "donc c'est sûr qu'il va avoir des adaptations et s'il y a des adaptations de la taille du site, c'est pour faire en sorte qu'on n'arrive pas au redressement judiciaire".
"Un choc pour tout le territoire"
Arc France, qui emploie 5 700 salariés dans le monde, dont encore 3 500 à Arques (Pas-de-Calais), où sont basés sa principale usine et son siège social, a bénéficié par le passé de plusieurs plans de refinancement soutenus par l'État. "C'est un marché quand même assez compliqué en ce moment depuis la crise énergétique", rappelle Benoît Roussel. Cette usine a besoin "d'énormément de gaz pour fabriquer du verre, pour alimenter les fours", poursuit-il. "Les ménages consomment de moins en moins", donc les verriers "vendent beaucoup moins" et "le verre qui est fabriqué ici en France coûte de plus en plus cher", souligne-t-il.
Revenant sur cette demande de placement en redressement judiciaire, le maire d'Arques relate qu'elle "a été vraiment très mal accueillie" et qu'elle a été "un choc pour tout le territoire audomarois".