Festival d’Angoulême : l’opérateur chargé de l’édition 2027 sera connu mi-avril

« On était proche du chaos » a résumé le maire d’Angoulême (Horizons), Xavier Bonnefont, en ouverture de la conférence de presse qui s’est tenue dans sa ville, vendredi 9 janvier. Après l’annulation de l’édition 2026, suite au boycott des auteurs et éditeurs pour dénoncer le fonctionnement de la société 9e art +, opérateur privé de l’événement, la mairie et l’ADBDA (Association pour le développement de la BD à Angoulême) veulent regarder vers l’avenir et « réaffirmer le rôle d’Angoulême en tant que capitale mondiale de la Bande Dessinée ». Par la voix de son président, David Caméo, l’ADBDA, créée en 2017, a annoncé une modification de ses statuts : « elle pourra confier l’organisation, la programmation, la gestion opérationnelle à une structure professionnelle extérieure si elle l’estime nécessaire ». Elle a également annoncé une modification de son conseil d’administration, désormais composé de 6 représentants des partenaires publics, 6 représentants des auteurs et autrices, 6 représentants des éditeurs et 4 personnalités qualifiées. Le FIBD n’en fait plus partie. 

Le nouveau cahier des charges, qui prend en compte les demandes des professionnels du secteur, réaffirme la volonté « d’aller encore plus loin dans l’international », « de prendre en compte le secteur large de la BD, coloristes, traducteurs… ». Parmi les améliorations à apporter pour le nouvel appel à projet figurent « la valorisation et l’écoute du public, des expositions de qualité, la collaboration avec le territoire, l’obligation de diffuser la BD dans toutes ses composantes, un regard sur les prix dotés d’un budget ».

Compte tenu des délais, très courts, pour nommer un nouvel opérateur, il faut s’attendre à un changement des dates de l’événement qui aura lieu « entre janvier et mars » 2027 et durera de « 4 à 6 jours avec toujours une journée professionnelle ». La gratuité sera accordée aux professionnels « acteurs concrets du festival » mais l’entrée pour le public continuera d’être payante. Toujours selon l’ABDA, le nouvel opérateur devra également s’engager à respecter le RSE (responsabilité sociétale des entreprises), un terme assez flou qui ne donne pas vraiment de gages quant aux luttes contres les violences sexistes et sexuelles (VSS), l’un des points sur lesquels la gestion de 9e Art + s’était avérée calamiteuse

un contrat de 5 ans avec un avenant d’un an supplémentaire

Après désignation, le 12 mars, d’un jury « pluraliste » composé d’auteurs, d’éditeurs, de partenaires publics et de personnalités personnalités qualifiées comme des libraires ou bibliothécaires, les candidatures seront analysées et le nom du nouvel opérateur devrait être connu mi avril. Il bénéficiera d’un contrat sera de 5 ans, avec une possibilité d’avenant pour une année supplémentaire, et un nouvel appel à projet sera lancé 2 ans avant l’échéance. 

Denis Bajram, qui parlait au nom de plusieurs collectifs d’auteurs (la Charte, la Ligue des auteurs pro) a réaffirmé la volonté de « tourner la page » de la gestion précédente et mis en avant la notion de « bien commun », saluant la « bonne volonté générale » : « Nous croyons tous en 2027. Il sera là, il sera beau » a-t-il conclu. 

A l’issue de cette conférence de presse, plusieurs inconnues demeurent  cependant : l’appellation « Festival » sera-t-elle conservée ? La société 9e art + participera-t-elle  à l’appel d’offre ? La question se pose aussi pour la Cité de la bande dessinée et de l’image : « on ne sait pas qui sera candidat mais un EPCC peut candidater » a répondu l’ADBDA.  Du côté des élus, le maire, Xavier Bonnefont, en campagne pour sa réélection, s’est porté « garant de la bonne utilisation des deniers publics » et le président de région, qui a salué la tenu du OFF en 2026, a promis « un long avenir » pour la BD à Angoulême. Puisse-t-il être entendu. 

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