Mercosur : après la volte-face de l’Italie, le traité de libre-échange en voie d’être adopté malgré l’opposition des agriculteurs

Il y a moins de trois semaines, Emmanuel Macron se félicitait du report de la signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur. La France avait réussi à faire pression sur la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour obtenir ce décalage, en s’appuyant notamment sur l’Italie.

Pourtant, selon l’agence Bloomberg, Rome prévoit désormais de donner son feu vert à cet accord commercial néfaste pour l’environnement, l’alimentation et le travail des agriculteurs. Après ce revirement, la France ne pourrait plus compter que sur la Hongrie et la Pologne pour s’opposer à la signature du traité, compte insuffisant pour l’empêcher d’être adopté.

La France exige la réciprocité des normes de production

Les ministres de l’Agriculture des 27 pays membres de l’UE doivent se rassembler, ce mercredi, à propos de la politique agricole commune (PAC) et à cet accord commercial. Parmi les points devant être soulevés : la limitation des pesticides pouvant être contenus dans les produits importés dans l’Union européenne. La France exige que l’accord prévoie la réciprocité des normes de production.

Cette réunion pourrait ouvrir la voie à un vote sur le traité UE-Mercosur dès vendredi 9 janvier. Si les 27 se mettent d’accord, la signature du texte pourrait être actée la semaine suivante, dès lundi 12 janvier, date n’ayant pas été confirmée par la Commission européenne.

En France, le premier ministre et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard avaient promis dimanche un arrêté pour empêcher d’importer en France des produits agricoles sud-américains (avocats, goyaves, mangues mais aussi cerises, melons…) traités avec des substances chimiques interdites dans l’Union européenne. Cette mesure nécessiterait toutefois l’approbation de la Commission européenne.

Les annonces du gouvernement ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face : dermatose nodulaire contagieuse des bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, et donc la menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur.

Nouvelle vague de mobilisation ?

La Confédération paysanne appelle au redémarrage massif des mobilisations, avec des actions prévues le 7 janvier. « Nous appelons à de véritables politiques de protection et de relocalisation de l’agriculture plutôt qu’à la dépendance de nos fermes aux marchés internationaux », écrit le syndicat agricole progressiste.

La perspective de la signature dans les prochains jours de l’accord de libre-échange UE-Mercosur est un « chiffon rouge », pour Arnaud Rousseau, patron de la FNSEA, « de nature à (entraîner) des mobilisations plus importantes ».

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