Usage d’un taser, blessure à l’arcade, IGPN saisie… Ce que l’on sait de la mort d’un homme en garde en vue dans un commissariat parisien

Un homme majeur, interpellé en possession de résine de cannabis, est mort après avoir perdu connaissance dans les locaux du commissariat du XXe arrondissement de Paris, a appris jeudi l’AFP de source policière et auprès du parquet. Ce dernier a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a-t-il indiqué. L’homme avait été interpellé mercredi 14 janvier dans la soirée par des policiers des Brigades territoriales de contact (BTC), « qui l’ont vu rouler un joint de cannabis », a également précisé le parquet de Paris.

Usage d’un pistolet électrique

D’après une source policière, l’AFP rapporte qu’« il s’était alors rebellé et les policiers avaient été contraints d’utiliser leur pistolet à impulsion électrique, ”en mode contact ” au niveau du mollet, pour le maîtriser ». Selon le parquet, lors de son interpellation, il a chuté au sol, entraînant deux policiers.

Arrivé au commissariat et placé en garde en vue, il est soumis à un dépistage d’alcool. « Le test s’est révélé négatif », a encore expliqué le parquet qui a précisé que l’homme était en possession « de faux documents administratifs » et « de matière brunâtre » s’apparentant à du cannabis.

Mais alors que l’interpellé blessé à l’arcade, était dans l’attente de son transport à l’hôpital « il est tombé du banc où il était installé » et, malgré l’intervention des secours, est décédé selon les premiers éléments. L’IGPN appelée sur place a ouvert une enquête. Le corps de la victime a été transporté à l’institut médico-légal pour une autopsie.

En 2024, 8 gardés à vue sont morts d’un « malaise »

« Les contrôles et leur intensification – inefficaces en matière de lutte contre la grande criminalité – sont à l’origine d’un quart des décès » selon le travail de recensement réalisé par les journalistes de Basta Media. Les tristement célèbres « malaises » en garde à vue ou en cellule de dégrisement, et autres arrêts cardiaques « d’origine inconnue » lors d’une interpellation seraient à l’origine de la mort de 5 gardés à vue en 2023 et 8 en 2024.

Les élus communistes du XXe arrondissement ont vivement réagi par communiqué. Ils appellent à ce qu’une enquête indépendante fasse à la lumière sur les circonstances de ce décès. « Nous renouvelons notre exigence de justice qui passera par une réforme profonde d e l’IGPN et une lutte sans relâche contre les violences policières », ont-ils écrit.

Au terme de l’enquête, l’année 2026 pourrait compter ici sa première victime.

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