Le plus petit robot autonome jamais conçu au service de la médecine

Mis au point par l'Université de Pennsylvanie pour la structure et l'Université du Michigan pour le "cerveau", cet objet peut se déplacer et sentir l'environnement autour de lui indépendamment.

Ses dimensions sont minuscules : 0,2 millimètre, sur 0,3 millimètre, sur 0,05 millimètre. À cette échelle, le robot ne dispose pas de bras ou de jambes. Il se déplace en nageant, propulsé par la lumière grâce à un panneau solaire microscopique. Ce robot consomme 100 000 fois moins d'énergie qu'une "smart watch" (montre connectée).

Des microrobots au service de la médecine

Un robot de cette taille, capable de se déplacer dans un liquide, relève de l'exploit. À l'échelle humaine, cela reviendrait à nager dans du goudron liquide. Si tout cela paraît complexe, c'est normal, les chercheurs en robotique attendaient ce type d'avancée depuis près de 40 ans.

Au-delà de la performance scientifique, ce microrobot pourrait servir pour la médecine. C'est du moins le premier usage suggéré par les chercheurs, non pas pour imiter Le Voyage fantastique, ce film de science-fiction dans lequel des scientifiques, réduits à l'état microscopique, voyagent à l'intérieur du corps humain, mais pour, par exemple, livrer un médicament exactement à l'endroit voulu, ou encore analyser spécifiquement l'état d'une cellule.

Il est capable d'enregistrer une température précise dans le corps et de transmettre cette information en "gigotant" un mode de communication qui rappelle celui des abeilles. Les chercheurs n'ont ensuite plus qu'à l'observer au microscope. Une autre application possible : la fabrication ou la réparation de puces électroniques.

Des robots pratiques, résistants et réutilisables pour un prix dérisoire

Le robot ne coûterait qu'un centime par unité, et même l'équipement nécessaire à sa fabrication resterait abordable. D'autant que ces robots sont très résistants et réutilisables. Une simple micropipette suffit pour les changer de surface. "Ce n'est que le début", assure l'un des chercheurs, en ce mois de janvier. À ce niveau de coût, et avec les progrès en matière de processeurs et de capteurs, la liste des applications potentielles devrait rapidement s'allonger.

Une limite importante subsiste toutefois : pour fonctionner, le robot a besoin d'une infime quantité d'eau oxygénée. Or ce liquide est toxique pour le corps humain. La médecine va devoir encore attendre que les chercheurs trouvent une solution, bien qu'ils se disent confiants.