REPORTAGE. Municipales 2026 : à Lille, face aux oppositions très critiques, le successeur de Martine Aubry à la recherche d'un soutien populaire

La figure locale de Lille (Nord), Martine Aubry (PS), maire de la ville pendant 24 ans, a passé la main en désignant un successeur en mars 2025, un an avant les élections municipales. Mais ils sont nombreux à vouloir prendre la mairie à Arnaud Deslandes et ont déjà commencé leur campagne dans la capitale des Flandres. Comme les écologistes, qui avaient failli renverser Martine Aubry il y a six ans. Maintenant qu'elle n'est plus là, ils espèrent bien ravir le beffroi de Lille.

"Ce que je propose, finalement, c'est de retrouver l'enthousiasme et la mobilisation, d'apporter un nouveau souffle pour la ville", explique Stéphane Baly, tête de liste des Écologistes. Il parle d'une ville "qui est un peu à l'arrêt", selon lui, et n'hésite pas à tacler le candidat sortant socialiste. "On a un candidat qui a accompagné Martine Aubry sur les quatre mandats. Finalement, c'est son cinquième mandat."

En pleine opération porte-à-porte dans un immeuble, lui et son équipe rencontrent des habitants d'un immeuble. Ils tombent sur Monique, qui avoue ne pas connaître Stéphane Baly : "Sa tête ne me dit rien du tout." Mais elle reconnaît ne pas savoir qui est le maire actuel non plus. "Ça se finit par -landou, quelque chose comme ça", confie-t-elle, en parlant... d'Arnaud Deslandes.

Un "changement de style, mais pas de cap" pour le candidat sortant

Comme elle, beaucoup de Lillois ne connaissent pas le nom de celui qui a hérité de la mairie il y a dix mois, Arnaud Deslandes a débuté comme stagiaire de Martine Aubry avant de gravir les échelons. "J'assume l'héritage politique de Martine Aubry, assure le candidat. Je revendique ce qu'elle a pu faire pour cette ville et notamment pour garder notre cohésion dans notre ville". Il promet "un changement de style mais pas un changement de cap". Arnaud Deslandes met les bouchées doubles pour se faire un nom, "par des mesures qui assurent la transformation de la ville, je pense notamment à la piétonnisation de la Grand'Place Et puis en étant là chaque jour sur le terrain, auprès des Lillois, à l'écoute".

Mais ce maire se concentre uniquement sur le centre-ville, critique son adversaire insoumise, Lahouaria Addouche. "Les socialistes ont rendu la ville invivable, surtout aux habitants des quartiers populaires, fustige-t-elle. Nous, ce que nous disons, c'est qu'il faut tourner la page des notables socialistes qui sont complètement déconnectés des habitants."

Des candidats qui misent sur la sécurité

Face à la division de la gauche, une autre ancienne collaboratrice de Martine Aubry espère tirer son épingle du jeu : Violette Spillebout, actuellement députée du Nord et conseillère municipale de Lille. Discrète sur son appartenance au parti présidentiel Renaissance, elle dénonce deux échecs de l'équipe sortante : la pauvreté et l'insécurité. "Ça fait 25 ans que Martine Aubry puis Arnaud Deslandes sont aux manettes et aujourd'hui, on est dans la troisième ville la plus dangereuse de France", dénonce celle pour qui "la sécurité est prioritaire". Une sécurité qui doit passer "nécessairement par des moyens importants."

Plus de police et plus de caméras, c'est aussi l'une des priorités des deux autres candidats, le tout jeune Louis Delemer des Républicains et Mathieu Valet du Rassemblement national. Cet ancien commissaire développe ce slogan : "Qui mieux qu'un policier pour rétablir l'ordre à Lille ?"