Si prompt à brandir sa tronçonneuse pour mettre en scène son credo ultralibéral, Javier Milei ne semble pas disposer d’une lance à incendie pour lutter contre les feux de forêt qui ravagent la Patagonie argentine, les pires que connaît la région depuis trente ans. Alors que plus de 15 000 hectares sont déjà partis en fumée depuis la semaine dernière, la politique dévastatrice du président d’extrême droite est en cause.
La catastrophe a débuté du côté de Puerto Patriada, à environ 1 700 km au sud de Buenos Aires, provoquant l’évacuation de nombreux habitants, ainsi que d’au moins 3 000 touristes étrangers présents dans la station balnéaire. Avions bombardiers d’eau, hélicoptères et quelques centaines de pompiers sont toujours déployés ce mardi sur plusieurs fronts, épaulés par des soldats du feu chiliens.
« Un immense patrimoine millénaire de flore et de faune autochtones ainsi que les sociétés qui en dépendent sont détruits année après année, se désole la Fondation pour l’environnement et les ressources naturelles (Farn). Loin d’être des phénomènes isolés, ces méga-incendies sont la conséquence directe de décisions humaines. »
Outre l’origine criminelle de certains feux, on sait que, quelle que soit leur localisation sur le globe, le réchauffement climatique agit sur eux comme un facteur aggravant. En ce début d’été austral, la Patagonie connaît une sécheresse persistante et des températures élevées qui, combinées à des vents violents, forment un cocktail explosif pour la propagation des flammes.
Comme le rappelle également Greenpeace Argentina, « la croissance excessive de vastes plantations forestières d’espèces exotiques envahissantes (…) comme les pins, ajoutée à la mauvaise gestion et à l’absence de réglementation concernant ces pinèdes et au risque qu’elles représentent pour la population et l’écosystème autochtone, crée un terrain fertile pour ces phénomènes ».
Le budget alloué à la gestion des incendies sabré
Dans la région, la superficie des forêts touchées par les incendies a ainsi quadruplé, passant de 7 747 hectares entre octobre 2023 et mars 2024, à 31 722 hectares entre octobre 2024 et mars 2025. Ce chiffre est voué à croître dans les prochaines années.
Dans le même laps de temps, le budget alloué par l’administration de Javier Milei au Service national de gestion des incendies a été réduit drastiquement. Pour l’année 2026, la Farn pointe du doigt une baisse de 69 % par rapport à 2023. Autant d’argent manquant pour permettre « l’amélioration des infrastructures, des équipements, des formations et des conditions de travail des pompiers », souligne la fondation.
Moins d’heures de vol de surveillance, moins de rapports d’alerte et d’évaluation des risques, dégradation des salaires des agents… Telles sont les conséquences du démantèlement de l’État argentin par le locataire de la Casa Rosada.
Pire, Javier Milei cherche actuellement à abroger une loi visant à interdire toute modification de l’utilisation des surfaces touchées par des feux de forêts pendant soixante ans s’agissant de forêts primaires ou implantées, de zones naturelles protégées ou humides, et pendant trente ans concernant des zones agricoles, des prairies, des pâturages ou des broussailles. Pyromane, vous dites ?
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