Budget 2026 : "La position d'Horizons n'est pas une commande d'Édouard Philippe, ce sont nos expressions au regard de l'examen du texte", précise le président du groupe Horizons à l'Assemblée

Les votes sur le budget 2026 progressent, avec l'adoption d'un compromis autour de la hausse de la CSG sur le capital, jeudi soir, par les députés. Alors qu'Horizons, le parti d'Édouard Philippe, s'est abstenu et demeure méfiant, menaçant de ne pas donner son aval aux textes, Paul Christophe, président du groupe à l'Assemblée nationale l'assure ce vendredi matin sur franceinfo : "Nous avons toujours dit que ce budget devait être l'œuvre d'un compromis, mais pas de la compromission, que nous ne voterions pas n'importe quoi."

Ce texte correspond à la retranscription d'une partie de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.


Béatrice Gelot : Avant de parler du budget, on apprend ce matin que Jordan Bardella est visé par une plainte déposée au Parquet national financier pour favoritisme et détournement de fonds publics. Qu'est-ce que vous en pensez ? Jordan Bardella est haut dans les sondages pour la présidentielle de 2027. Marine Le Pen, elle, doit passer en appel sur une affaire avec les fonds européens.

Paul Christophe : Après le parti, après Marine Le Pen, maintenant Jordan Bardella. J'observe que ça commence à faire beaucoup, mais maintenant j'ai toujours pour habitude de faire confiance à la justice, donc laissons chacun faire son travail et nous verrons les conclusions à la fin.

Est-ce que l'on va vers un compromis, en tout cas sur la partie recettes ? On l'a vu hier soir, il semble que vous en ayez trouvé un sur la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Vous vous êtes abstenu, le groupe Horizons, mais est-ce qu'on est sur la bonne voie ?

Chez Horizons, nous sommes constants. On a toujours dit que ce budget devait être l'œuvre d'un compromis, mais pas de la compromission et que nous ne voterions pas n'importe quoi. C'est ce qui a semble-t-il surpris certains dernièrement, lorsqu'on a dit qu'on n'aurait pas trouvé de voie de passage aujourd'hui pour voter favorablement. Pour autant, nous avons l'intention de peser dans les débats. Vous l'avez vu hier. On était contre cette hausse de la CSG, qui portait sur 2,8 milliards d'euros. On a contribué à ce qu'elle soit réduite à 1,4 milliard d'euros, en excluant tous les petits épargnants en particulier. Mais surtout en fléchant ce 1,4 milliard, non pas pour financer un déficit mais pour financer la branche autonomie. Et vous savez que ça m'est très cher à la mesure où j'étais à la création de cette branche autonomie, à l'époque, avec la bénédiction d'un certain Premier ministre, Édouard Philippe.

C'était un moindre mal pour que vous puissiez en tout cas au moins vous abstenir et ne pas voter contre cette hausse de la CSG ?

Ce qui était hors de question pour nous, c'était de voter une CSG à 2,8 milliards qui emportait tous les petits épargnants comme je le disais, à la fois les PEL, les CEL, le revenu locatif, etc. Donc je pense qu'aujourd'hui, notre rôle, c'est de protéger nos citoyens, d'attirer à nouveau l'attention sur le fait que ce budget est déséquilibré, il ne porte pas de mesures d'économie, et je le rappelle, il est sur une trajectoire qui dépasse les 23 milliards de déficit, et ça, ça doit nous interpeller.

Hier, Sébastien Lecornu a brandi le spectre du chaos, en parlant d'un déficit de 30 milliards d'euros s'il n'y avait aucun texte sur le budget de la Sécurité sociale. C'est un coup de pression de sa part ?

Je ne sais pas. En tout cas, nous, on ne l'a pas ressenti comme tel. Vous savez, on est suffisamment experts du sujet. Je rappelle que Frédéric Valletoux est président de la commission des affaires sociales. J'ai été moi-même nommé à la solidarité en mon temps. Et on a Nathalie Colin-Osterlé qui est très investie sur le sujet, également François Gernigon. Nous avons des spécialistes, chez nous, qui peuvent vous faire la démonstration que ce n'est pas parce que le budget ne serait pas voté en décembre que c'est le chaos. Je rappelle juste qu'il n'a pas été voté non plus l'année dernière. Et pourtant, la Sécurité sociale a continué à fonctionner, votre carte Vitale a fonctionné, les soins ont été dispensés. Évidemment, c'est toujours un mode un peu dégradé, mais cela signifierait qu'on se reverrait à minima en janvier pour voter un budget. On a fait la démonstration que des mesures réglementaires pouvaient être considérées pour faire en sorte qu'on ne dérape pas. Le fait est que ça intéresserait certainement beaucoup d'avoir un budget voté avant les municipales, et je peux l'entendre, mais ne confondons pas les choses. Vous savez, c'est important de ne pas mentir aux Français, de dire la vérité. Aujourd'hui, on a un budget qui s'inscrit dans une trajectoire déficitaire excessive. Je rappelle juste à nouveau que, sous Édouard Philippe, en 2019, le budget de la Sécurité sociale prévoyait un déficit non pas de 15, de 23 ou 30 milliards, mais de 1 milliard. Donc ça signifie que des économies sont possibles.

Êtes-vous toujours sur cette ligne lorsqu’Édouard Philippe dit qu'en l'état, ce n'est pas possible de voter le budget ? Est-ce que cette ligne est toujours valable ?

Écoutez, cette phrase qu'on a prêtée à Édouard Philippe, en fait, c'est un constat. Un constat qu'il a fait après nous avoir entendus, nous, parlementaires du groupe Horizons et Indépendants. Nous avons débattu mardi dernier en réunion de groupe et le constat était de dire qu'en l'état, effectivement, le budget ne pouvait pas être voté. Pourquoi ? Parce qu'il y avait un déficit excessif, des mesures fiscales exagérées, l'absence d'économies et une suspension de la réforme des retraites, qui est une mauvaise idée. Édouard Philippe a dressé le constat en nous écoutant, en disant que, si je comprends bien, personne n'est prêt à voter. Donc ce n'est pas une commande d'Édouard Philippe, ce sont nos expressions au regard de l'examen du texte.

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