Les premiers chiffres l'attestent : à l'occasion des fêtes, les Français ont beaucoup dépensé pour leur alimentation, avec un panier de course moyen à 155 euros. Car pour beaucoup, impossible de passer les Noël ou le Nouvel an sans mettre de viande à sa table. Les bouchers le confirment d'ailleurs, ils ont très bien travaillé avant le 25 décembre et continuent sur leur lancée.
Dans les allées des halles Paul-Bocuse, la foule se presse et les amateurs de viande ont les yeux qui brillent face aux produits en vitrines. Une Lyonnaise brandie deux tranches de filets, qu'elle vient d'acheter pour en faire des tournedos le 1er de l'an. "Mes parents étaient des grands amateurs de viande, et moi j'aime la viande !", assume-t-elle.
"Moins de viande, mais de la meilleure"
Pas questions de tirer un trait sur la charcuterie ou la volaille en cette période de fêtes de fin d'année pour cet autre consommateur : "Je suis quelqu'un qui mange beaucoup de viande, toujours par plaisir", indique-t-il, précisant qu'il en mange au moins quatre fois par semaine. Une retraitée confie toutefois consommer "très peu" de viande en temps normal : "Si, j'en mange, je vais manger à peine 100 grammes", dit-elle.
"Les gens mangent moins de viande, mais de la meilleure", analyse Enzo, un boucher installé sur la colline de Saint-Just, reconnaissant que "la consommation de viande a beaucoup chuté ces dernières années". Mais ces derniers jours, entre canette, chapon ou poulet de Bresse, il se réjouit d'avoir fait un bon chiffre d’affaires.
Les bouchers, "pas très optimistes"
Si "novembre et début décembre, c'était un petit peu compliqué", Didier Massot salue cette embellie de fin d'année. Meilleur ouvrier de France, ce boucher est installé aux halles Paul-Bocuse. "Maintenant, les gens font la fête quand même et mangent des bons produits. Chaque fois, on le voit pour les fêtes. Même dans les périodes difficiles, les gens se lâchent pour les fêtes et ils mettent en parenthèses les problèmes pendant une dizaine de jours", assure-t-il toutefois.
Mais cette période de faste ne compense la baisse globale de son activité et le boucher reste amer : "Travailler une quinzaine jours dans l'année, c'est bien. Mais le reste du temps, il faut boucler les fins de mois. On n'est pas très optimistes pour la suite".
Selon une étude Harris Interactive dévoilée en mars dernier, 53% des Français affirment en effet consommer moins de viande bœuf qu'avant, et selon un sondage Odoxa de septembre, 17% se disent prêts à devenir végétariens afin de limiter l'impact du dérèglement climatique.